MAROC
24/05/2019 13h:15 CET

L'archevêque de Tanger Santiago Agrelo démissionne

Après douze ans à la tête du diocèse marocain.

Archidiocèse de Rabat
L'archevêque de Tanger est connu pour son combat pour les droits des réfugiés et des immigrés.

CHRISTIANISME - Le pape François a accepté, ce vendredi 24 mai, la démission de l’archevêque de Tanger, Santiago Agrelo Martínez.

Le bureau de presse du Saint-Siège a annoncé aujourd’hui que le pape avait accepté la démission de Santiago Agrelo, âgé de 76 ans, à la tête du diocèse marocain de Tanger depuis douze ans, rapporte InfoVaticana. Le nom de son successeur n’a pas encore été annoncé.

L’archevêque espagnol avait présenté sa démission il y a deux ans mais ce n’est que maintenant que le pape a accepté qu’il prenne sa retraite, souligne ReligionDigital.org. Une décision attendue, qui intervient après le voyage historique du pape au Maroc fin mars dernier à Rabat.

“Le temps est venu de retourner au calme de la vie du couvent”

Pour le moment, le pape laisse le siège vacant dans l’attente de la nomination du nouvel archevêque de la ville du détroit, qui aura lieu après une conversation avec les franciscains (qui ont toujours tenu les rênes de l’Église de Tanger), rappelle le média spécialisé. En attendant, ce sera l’archevêque de Rabat, Cristobal López, qui administrera le siège.

L’ancien archevêque émérite a envoyé une lettre “de gratitude plutôt que d’adieu” à son diocèse. “Mon temps est accompli. Pour votre pasteur, le temps est venu de retourner au calme de la vie du couvent”, écrit-il.

“Après avoir terminé mon service d’évêque de cette église, je reviens joyeusement à l’obéissance envers mes supérieurs religieux”, ajoute l’homme d’Église, remerciant “le peuple marocain et les autorités de ce pays” qui l’ont “accueilli pendant ces douze années, traité avec respect, avec cordialité, avec familiarité” et lui ont permis de “se sentir un de plus dans ce pays béni par Dieu.”

Un long combat en faveur des migrants

Le prélat originaire de la Galice (nord-ouest de l’Espagne) est connu pour son combat pour les droits des réfugiés et des immigrés et s’est exprimé à plusieurs reprises contre les politiques anti-immigration imposées en Europe, rappelle ReligionDigital.

“Ma plus grande préoccupation en tant qu’archevêque est celle du respect des droits des migrants. Je m’imagine à leur place, ne pouvant plus regarder en arrière, ne pouvant pas aller de l’avant en rejoignant l’Europe et sans droits, ici. Ce n’est pas vivable”, avait-il affirmé lors d’une conférence de presse à Rabat début mars, avant la visite papale. 

Il avait notamment évoqué les refoulements des migrants, l’été dernier, dans “les cités”, dans “les forêts”, ainsi que le refoulement à chaud des mineurs étrangers non accompagnés (MENA) dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla et la possible mise en place d’un accord entre l’Espagne et le Maroc.

“Ils veulent autoriser le renvoi des migrants sauvés par le Salvamento Maritimo, les secours espagnols, dans la Méditerranée au Maroc. Sans protection, avocat, sans juge, sans écoute. Ce n’est pas tolérable”, avait-il estimé. “Nous avons devant nous une humanité privée des droits fondamentaux sans que nous ayons la possibilité de faire respecter ces droits”.