ALGÉRIE
08/09/2019 08h:16 CET

L'Arabie saoudite remplace son ministre de l'Energie

Associated Press
In this March 31, 2010, file photo, Saudi Arabia's Prince Abdulaziz bin Salman attends the International Energy Forum in Cancun, Mexico. Saudi Arabia's King Salman replaced the country's energy minister with one of his own sons Sunday, Sept. 8, 2019, naming Prince Abdulaziz bin Salman to one of the most important positions in the country as oil prices remain stubbornly below what is needed to keep up with government spending. (AP Photo/Israel Leal, File)

Le roi Salmane d’Arabie saoudite a nommé un de ses fils ministre de l’Energie en remplacement de Khalid al-Falih, ont annoncé dimanche les médias d’Etat, un remaniement majeur au sein de ce poids lourd de l’Opep affecté par la faiblesse des cours du pétrole.

La nomination du prince Abdulaziz ben Salmane, demi-frère du puissant prince héritier Mohammed ben Salmane, survient alors que le royaume prépare l’introduction en Bourse du géant pétrolier public Aramco à l’horizon 2020-2021 en espérant des conditions de marché plus favorables.

“Khalid al-Falih a été relevé de ses fonctions. Son altesse royale le prince Abdulaziz ben Salmane est nommé ministre de l’Energie”, selon un décret royal cité par l’agence officielle Saudi Press Agency (SPA).

Le limogeage M. al-Falih survient quelques jours après son remplacement au poste de président d’Aramco par Yassir al-Roumayyan, le patron du fonds souverain saoudien supervisant un ambitieux plan de diversification de l’économie du royaume, fortement dépendant de l’or noir.

Outre son départ de la tête d’Aramco, M. al-Falih avait également vu ses compétences amoindries au sein du gouvernement en perdant un des portefeuilles attachés à son ministère, celui de l’Industrie et des Ressources minières.

- Vétéran du ministère du Pétrole -

Son successeur, le prince Abdulaziz ben Salmane, “travaille au ministère du Pétrole depuis plusieurs décennies”, a expliqué Ali Shihabi, fondateur de l’ancien think-tank pro-saoudien Arabia Foundation. Il “a participé à presque toutes les réunions de l’Opep depuis lors, et il apporte avec lui une grande expérience institutionnelle”, a-t-il ajouté.

Les analystes avaient vu dans la mise à l’écart de M. al-Falih d’Aramco le signe d’un mécontentement au sein du pouvoir saoudien quant aux cours actuels du brut, jugés trop bas pour permettre une entrée en Bourse d’Aramco dans des conditions optimales.

Une réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) doit se tenir à Abu Dhabi la semaine prochaine. Les pays membres du cartel devraient, à cette occasion, se déclarer prêts à respecter les baisses de production auxquelles ils se sont engagés pour essayer de faire remonter les cours, prédisent les analystes.

Aramco a fait savoir qu’il comptait vendre jusqu’à 5% de ses parts sur les marchés financiers, mais seulement au “bon moment”, évoquant une introduction entre la fin 2020 et le début 2021. Il devrait alors s’agir de la plus grande vente mondiale d’actions.

Cette opération entre dans le cadre d’un plan de réforme initié par le prince héritier Mohammed ben Salmane visant à permettre à l’Arabie saoudite d’engranger quelque 100 milliards de dollars (plus de 90 milliards d’euros).

Initialement prévue en 2018, l’entrée en Bourse d’Aramco a été repoussée en raison de conditions de marché défavorables.

Le groupe a annoncé en août un bénéfice de 46,9 milliards de dollars (42,8 milliards d’euros), en baisse de 12% au premier semestre, lors d’un exercice de communication rarissime pour cette entreprise extrêmement secrète.