MAROC
02/01/2019 10h:10 CET

L'Arabie saoudite a obtenu de Netflix la censure d'un épisode de série qui critique MBS

La plateforme américaine a confirmé le retrait de l'épisode.

Le HuffPost

CULTURE - La plateforme américaine Netflix a été contrainte de retirer le deuxième épisode de la série “Patriot Act with Hasan Minhaj” en Arabie saoudite. Les autorités du pays ont émis une plainte, cet épisode revenant sur le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi et critiquant le prince Mohammed ben Salmane, rapporte le Financial Times, ce mardi 1er janvier.

“Ce serait le bon moment pour réévaluer notre relation avec l’Arabie saoudite”, affirme Hasan Minhaj, comédien et humoriste américain, en préambule de l’épisode. “Je parle de cela en tant que musulman et en tant qu’Américain”. Il a également qualifié la guerre au Yémen comme étant “la plus grande tragédie de l’ère MBS” (ndlr, Mohammed ben Salmane). “Il y a des gens en Arabie saoudite qui luttent pour de vraies réformes mais MBS n’est pas l’un d’eux”, a-t-il ajouté.

Une position “scandaleuse” pour une ex-collaboratrice de Khashoggi

Le Financial Times affirme que le service de vidéo à la demande a retiré l’épisode après avoir reçu une requête de la part du royaume, selon laquelle la vidéo violerait une loi contre les cyber-crimes. Contactés par l’AFP, Netflix et le ministère saoudien de l’Information n’avaient pas répondu dans l’immédiat. Contactée par le journal américain, la plateforme a confirmé le retrait de l’épisode en Arabie saoudite, la semaine dernière. “Nous appuyons fortement la liberté artistique à travers le monde et avons seulement retiré cet épisode en Arabie saoudite après avoir reçu une requête légale valide et pour nous conformer à la législation locale”, a dit la compagnie.

Karen Attiah, qui éditait les contributions au Washington Post de Jamal Khashoggi, a qualifié la position de Netflix de “scandaleuse”, et de nombreux internautes criaient à la censure sur Twitter. 

Jamal Khashoggi a été assassiné dans le consulat de son pays à Istanbul début octobre. Ce meurtre d’abord nié puis reconnu par Ryad a embarrassé au plus haut niveau le royaume, d’autant plus que la responsabilité de Mohammed ben Salmane a été évoquée dans cette affaire en Turquie et aux États-Unis.