26/10/2018 09h:30 CET | Actualisé 26/10/2018 09h:30 CET

L'application de VTC Heetch continue de grignoter des parts de marché à Careem au Maroc

Les 4.000 conducteurs ont effectué plus de 600.000 courses en 1 an.

Heetch

ÉCONOMIE - Depuis qu’Uber a quitté le Maroc au début de l’année, le marché des VTC est principalement occupé par Careem et Heetch, deux entreprises aux business modèles différents. Alors que la première s’est lancée au Maroc en faisant d’abord appel à des “captains”, des conducteurs lambda qui utilisent leur voiture privée, pour assurer son service, la deuxième s’est directement alliée aux taximen.

Car dans l’attente d’un cadre juridique clair qui tarde à voir le jour, les chauffeurs Careem s’exposent à des sanctions pénales voire à des “guets-apens” tendus par des chauffeurs de taxis mécontents de les voir marcher sur leurs plates bandes.

“Afin d’éviter cela, nous avons conclu un partenariat avec le Syndicat National des Taxis Marocains relevant de l’UMT, un accord désormais étendu à 17 autres syndicats nationaux”, confie au HuffPost Maroc Patrick Pedersen, administrateur de Heetch au Maroc. Une initiative suivie en juillet dernier par Careem, qui a également conclu un protocole d’accord avec les deux principaux syndicats de taxis dans le pays. Un accord appliqué dans un premier temps à Casablanca.

Forte de sa présence sur le continent européen, la start-up française Heetch s’est implantée à Casablanca il y a un an jour pour jour. Puis en septembre 2018, c’était au tour de Rabat d’accueillir ses premiers taxis.

Les 4.000 conducteurs au service de la jeune pousse opèrent 150.000 trajets par mois et ont déjà effectué plus de 600.000 courses depuis le lancement de l’application. A titre de comparaison, Careem compte 300.000 utilisateurs au Maroc et emploie 2.000 chauffeurs. Dernier arrivé sur le marché, Heetch grignote doucement des parts de marché à son concurrent, leader des VTC dans la région MENA et valorisé à 1 milliard de dollars.

Dans le siège social casablancais de Heetch, une équipe de 14 collaborateurs assure le service client aux heures d’ouverture. L’entreprise s’implantera très prochainement à Marrakech et elle ne compte pas s’arrêter là puisque d’autres sites d’implantation sont dès à présent étudiés en vue d’accueillir l’offre de taxis “Fiddek”.

Fonctionnant 24h/24 et 7j/7, ce service se décline en deux catégories: les taxis “Fiddek rouges” opérant dans l’espace urbain, et les taxis “Fiddek blancs”, qui assurent les liaisons en dehors de ce périmètre, comme le trajet Casablanca – aéroport Mohammed V. Les usagers paient un tarif identique à celui indiqué par le compteur, majoré de 5 DH TTC par course.

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À la conquête des millenials

Pour tirer son épingle du jeu dans la jungle des plateformes de VTC, avec notamment Careem, Chauffeur Privé ou encore Taxi Vert, la société française mise sur une “expérience plus décontractée et humaine”, où le tutoiement est de rigueur et le passager invité à monter à l’avant à côté du conducteur pour favoriser la discussion.

Pour se donner un nouvel élan et devenir une référence auprès des 18-35 ans, aussi connus sous le nom de “millennials”, Heetch a levé 10 millions d’euros en septembre 2017 avec l’ambition de s’étendre en France et à l’international. La plateforme revendique désormais 18.000 conducteurs actifs à travers le monde et plus de deux millions de passagers. Pour l’heure, le service est opérationnel dans cinq pays européens, à savoir la France (Paris, Lille, Lyon, Marseille…), la Belgique (Bruxelles), l’Italie (Milan), la Suède (Stockholm) et le Maroc (Casablanca et Rabat).

Pour accélérer son expansion internationale, Heetch a bouclé un tour de table de 16,5 millions d’euros en début d’année auprès de ses investisseurs historiques, les Français Alven et Via ID, ainsi qu’auprès du fonds britannique Felix Capital et des Français Idinvest et InnovAllianz, le fonds stratégique d’Allianz France. Avec ce nouveau financement, la plateforme entend poursuivre sa mission de conquête en lançant son service dans de nouvelles villes françaises et dans de nouveaux pays, notamment au Royaume-Uni, où elle cherche à obtenir une licence d’exploitation à Londres, ainsi qu’au Maghreb.