TUNISIE
08/07/2019 12h:57 CET

L'ancien ambassadeur des États-Unis en Tunisie appelle son pays à soutenir la démocratie tunisienne

"La Tunisie n’est peut-être pas le pays le plus vaste, le plus puissant ou le plus riche d’Afrique ou du Moyen-Orient, mais les États-Unis ont tout intérêt à assurer la continuité des succès de la Tunisie"

Golden_Brown via Getty Images

L’ancien ambassadeur américain en Tunisie, de 2009 à 2012, Gordon Gray a appelé, dimanche, dans un article publié sur le site “National Interest”, les États-Unis à soutenir la démocratie tunisienne à l’occasion du prochain du prochain dialogue stratégique tuniso-américain.

Évoquant un pays qui “partage un ensemble de valeurs démocratiques communes avec les États-Unis”, Gordon Gray appelle son pays à “honorer les idéaux de ses fondateurs en soutenant la transition tunisienne” et pousse à ce que à ce que le secrétaire d’État Mike Pompeo à annoncer “plusieurs initiatives concrètes” en faveur de la Tunisie, à la suite du report du dialogue stratégique tuniso-américain après les attentats du 28 juin et l’hospitalisation du président de la République.

Selon lui, si la situation sécuritaire en Tunisie s’est “considérablement améliorée”, c’est “en grande partie grâce à la solide assistance fournie par les États-Unis en matière de sécurité”. En effet, l’aide militaire US est passée de 12 millions de dollars en 2012 à 119 millions de dollars en 2017.

Pour Gordon Gray, “la Tunisie est un allié majeur non-membre de l’OTAN et le secrétaire Pompeo devrait utiliser le dialogue stratégique pour réitérer son engagement vis-à-vis de la sécurité en Tunisie en annonçant que le prochain budget de l’administration comprendra des financements sains au profit de l’armée tunisienne”.

Vers un accord de Libre-échange bilatéral?

Parmi les propositions effectuées par l’ancien ambassadeur US en Tunisie figurent, la proposition d’un accord de Libre-échange bilatéral entre la Tunisie et les États-Unis. Cela permettra ”à la fois élargir les opportunités pour les entreprises américaines et promouvoir le développement en Tunisie” qui fait face à une situation économique et sociale tendue, et dont “les défis économiques sont porteurs de possibilités de progrès”.

Si le commerce bilatéral de marchandises entre les deux pays a été multiplié par trois depuis l’année 2000, “l’accord de libre-échange représente la prochaine étape logique dans les relations économiques entre nos deux pays” estime Gordon Gray.

Un soutien en vue des élections

Celui-ci appelle également le secrétaire d’État américain à contribuer au soutien des prochaines élections, après les réussites de celles “libres et équitables” de 2011 et 2014, par le biais de subventions en faveur de la démocratie et de la gouvernance à des organisations non gouvernementales comme NDI our IRI.

Gordon Gray propose également à ce que le président Donald Trump invite dès à présent le prochain président élu à Washington au début de l’année 2020. “Cela enverrait un signal important, non seulement à la Tunisie, mais également aux populations de l’Afrique du Nord, du Moyen-Orient et au-delà. ... de la confiance des États-Unis dans le processus démocratique”.

La Tunisie n’est peut-être pas le pays le plus vaste, le plus puissant ou le plus riche d’Afrique ou du Moyen-Orient, mais les États-Unis ont tout intérêt à assurer la continuité des succès de la Tunisie afin qu’elle finisse sa transition d’un régime autoritaire de plusieurs décennies à un système démocratique”.Gordon Gray

 

Rappelant les propos du sénateur John McCain, après sa visite en Tunisie peu après la révolution, sur la transition démocratique, où il avait affirmé que “si ça ne réussit pas ici, ça ne réussira nulle part”, Gordon Gray explique que ces mesures proposées “n’entraînent pas de dépenses importantes en fonds publics et favoriserait la sécurité et les intérêts commerciaux des États-Unis. Plus important encore, le soutien des États-Unis à la révolution tunisienne est une application naturelle des principes énoncés de manière aussi éloquente par nos fondateurs dans la déclaration d’indépendance”.

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