MAROC
23/09/2019 12h:13 CET

Lancement d'un manifeste contre la pénalisation des relations sexuelles hors mariage

“Nous, citoyennes et citoyens marocains, déclarons que nous sommes hors la loi, jusqu’à ce que la loi change”.

FADEL SENNA via Getty Images
Les manifestants brandissent des pancartes lors d'un rassemblement devant le tribunal de Rabat, le 9 septembre 2019.

LIBERTÉS INDIVIDUELLES - Près de 700 signatures ont été réunies pour soutenir le manifeste lancé par les deux romancières Leïla Slimani et Sonia Terrab en faveur des libertés individuelles dans le royaume. Une initiative visant à stimuler un vrai débat de société sur la dépénalisation notamment des relations sexuelles hors mariage, l’avortement ou encore l’adultère.

Diffusé auprès du public à partir de ce lundi 23 septembre à 9h, en version darija, française et anglaise, le manifeste dénonce ce qu’il qualifie de “lois injustes et obsolètes”.

“Nous, citoyennes et citoyens marocains, déclarons que nous sommes hors la loi, jusqu’à ce que la loi change”. C’est le message que véhiculent les deux initiatrices à travers leur manifeste qui intervient dans un contexte particulièrement tendu suite à l’arrestation de la journaliste Hajar Raissouni. Interpellée le 31 août dernier à la sortie du cabinet de son gynécologue à Rabat, la jeune femme, derrière les barreaux depuis, risque jusqu’à deux ans de prison pour “avortement illégal” et “relations sexuelles hors mariage”.  

Écrivains, personnalités publiques, artistes, universitaires, activistes, journalistes ou anonymes.... plus de 700 femmes mais aussi des hommes ont répondu à l’appel en dénonçant l’article 490 du code pénal marocain. 

“En 2018, au Maroc, 14 503 personnes ont été poursuivies au regard de l’article 490 du code pénal qui punit de prison les relations sexuelles hors des liens du mariage. 3048 personnes ont été incarcérées pour adultère. Chaque jour, dans notre pays, entre 600 et 800 avortements clandestins sont pratiqués. Faut-il mettre toutes ces personnes en prison? Leurs “complices” (médecins, militants associatifs) aussi?”, peut-on lire sur le document partagé massivement sur les réseaux sociaux.

Interrogations invitant aux débats, ce manifeste exprime une préoccupation quant au devenir des femmes dans la société, l’épanouissement de la jeunesse, et le développement humain dans le pays. Les deux écrivaines marocaines invitent également les internautes à joindre le mouvement en signant, à leur tour, ce manifeste. Ils n’auront qu’à envoyer “Je signe” à l’adresse email inscrite à la fin du document.

Pour rappel, après deux reports, d’abord le 9 puis le 16 septembre, une nouvelle audience du procès de Hajar Raissouni se tiendra ce lundi au tribunal de première instance de Rabat.