MAROC
13/07/2018 10h:39 CET | Actualisé 01/11/2018 17h:53 CET

Lancement du Cercle des patriotes, le nouveau think tank proche de Aziz Akhannouch

Porté par des proches du ministre, le laboratoire d’idées vise à fédérer un réseau de dirigeants provenant des secteurs public, privé et associatif, issus de l’ensemble des régions du Maroc.

Alexander Demianchuk via Getty Images

“Nous sommes un groupe d’amis qui avons le souci de servir notre patrie, certains en étant de l’administration public, du monde associatif ou du privé”. C’est ainsi que Ghassan Benchekroun, directeur financier chez AKWA, décrit le think tank qu’il a cofondé avec Ghali Fassi Fihri, directeur financier au ministère de l’Agriculture. Les deux proches collaborateurs de Aziz Akhannouch évoquent la “vocation de regrouper les dirigeants qui sont en général récalcitrants quant à rejoindre un parti politique et ce afin de mener une réflexion sur les grands sujets qui agitent le Maroc”. Du fonctionnement de la sphère publique et des institutions représentatives de l’État, aux besoins de réforme de l’Éducation en passant par le social et le nouveau modèle de développement, le think tank ratisse large. La toute fraîche institution a d’ailleurs pour ambition à moyen terme de publier des études et des rapports, selon une approche collaborative, et d’organiser des débats ou tables-rondes.

Annoncé il y  a une semaine, l’événement consacrant le lancement du Cercle des patriotes a eu lieu hier, jeudi 12 juillet à Casablanca. Au Carré d’Or, le Cercle a réuni un groupe de travail censé représenter l’ossature du think tank. Et c’est Ahmed Rahhou, PDG de CIH Bank, qui a ouvert le bal en évoquant l’absence de cohésion inter-sectorielle ou encore la faible création d’emploi quand elle est corrélée au niveau d’investissement et au taux de croissance.

“La gouvernance c’est rendre efficace l’action de différents départements travaillant ensemble. Et c’est justement ce qui fait défaut pour rendre la politique publique cohérente”, soutient-il. Rahhou a aussi mis l’accent sur l’apprentissage et la formation professionnelles, cheval de bataille du ministère de l’Éducation qui oeuvre dans cette direction. Mais force est de constater que former des techniciens spécialisés compétents n’est pas chose aisée. Leur permettre une insertion professionnelle encore moins. 24,5 % des lauréats de la formation professionnelle sont au chômage, contre 16 % pour les lauréats de l’enseignement général.

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L’intervention de Ahmed Rahhou a été suivie par celle de Oumhani Djouli , directrice générale de Silver Food et du Dr Ilham Slassi, ancienne chef de service au CHU Ibnou Rochd. Annoncé au line-up mais absent ce soir-là, Moulay Hafid Elalamy a pour sa part fait défection au Cercle des patriotes pour leur grande première.

Au-delà du contenu que produira le think tank à travers ces travaux de recherches, c’est plutôt l’enrobage ainsi que l’entourage des membres fondateurs qui interpelle. Plusieurs observateurs ont spontanément fait le rapprochement avec la démarche entreprise en France par la République en marche, simple mouvement à ses débuts puis devenu parti politique et qui a porté Emmanuel Macron aux plus hautes fonctions de l’État français. “Il y a certes des similitudes, mais de prime abord j’ai envie de vous dire que notre vocation première est la réflexion. De contribuer à un débat serein sans invectives, sur le champs des idées”, nous assure Ghassan Benchekroun.

Le choix du nom du Cercle des patriotes en a lui aussi fait sourciller plus d’un, dans un contexte mondial où la montée du populisme inquiète les observateurs, mais aussi dans un contexte national marqué par le  boycott lancé fin avril, et qui a valu aux consommateurs mécontents d’être parfois taxés maladroitement de traîtres à la nation par des responsables. “Nous ne sommes pas plus patriotes que les autres”, tempère son co-fondateur Ghali Fassi Fihri. “Mais nous pensions qu’aller sur un autre nom aurait été plus clivant. Il ne faut pas oublier que le patriotisme est le dénominateur commun de la grande majorité des Marocains”, assure-t-il. Des propos fédérateurs qui tranche avec le contexte de boycott que le directeur financier de Akwa définit comme un “momentum que vit notre pays, où les gens se posent beaucoup de questions. Qu’ils soient politisés ou non. Députés ou simple citoyen. Nous espérons apporter des réponses. C’est en tout cas le rôle que l’on essaie de s’assigner”, conclut-il.