12/03/2019 16h:33 CET | Actualisé 12/03/2019 16h:33 CET

L'AMDIE et les femmes d'affaires arabes et africaines signent un manifeste pour l'entrepreneuriat féminin

Un texte qui appelle, de manière générale, à la mobilisation des dirigeants et institutions en faveur de l'intégration économique des femmes.

AMDIE

ÉCONOMIE - À l’issue de la Conférence des femmes d’affaires arabes et africaines, organisée par l’Agence Marocaine de Développement des Investissements et des Exportations (AMDIE) à Marrakech en partenariat avec l’Union Arabe de Promotion des Exportations Industrielles (AUIED), en février dernier, un manifeste formulant l’engagement de la communauté économique féminine pour un développement inclusif et équitable a été rédigé et approuvé par une pléiade de ministres et personnalités du monde des affaires. 

À travers ce plaidoyer, les femmes d’affaires d’Afrique et du monde arabe s’engagent à promouvoir et à intégrer les Objectifs du développement durable (ODD), souhaités par les Nations unies, dans le cadre de leurs fonctions, activités et environnement. Ce manifeste appelle également à la mobilisation des dirigeants et des institutions en faveur de l’intégration pleine des femmes dans la vie économique et dans les projets de développement des États africains et de la région MENA. 

“La société doit tracer la voie d’un avenir plus inclusif où pauvreté et inégalités se réduisent, où la paix et la stabilité sont une priorité et où les femmes jouent leur plein pouvoir dans leur sociétés respectives”, relève l’AMDIE. “Ces challenges pour un avenir meilleur ne doivent pas être considérés individuellement car ils sont un tout, une alchimie pour que perdurent les immenses évolutions de ces dernières décennies.” 

AMDIE

Cette feuille de route, rédigée par des ministres, personnalités du monde des affaires et de la société civile pour promouvoir l’entrepreneuriat féminin, comprend plusieurs axes essentiels, à savoir: repenser l’éducation avec des réformes éducatives pour la formation d’une élite féminine économique, la sensibilisation des élus par l’imposition de la parité ou de quota dans les politiques publiques et la présence de femmes dans tous les secteurs, la diversification des partenariats publiques/privés pour la mise en place des stratégies et initiatives pour le développement de l’entrepreneuriat féminin et enfin l’orientation de l’action sociale vers la création de valeur sociale à travers l’autonomisation économique des femmes, en favorisant les financements pour sortir de la vision “misérable” de l’entrepreneuriat social. 

L’innovation, un pilier pour l’émancipation féminine 

Pour les participants à la conférence, l’investissement dans les innovations technologiques, pour développer des outils dans les innovations sociales avec un fort impact, est essentiel. La technologie doit devenir un support pour accélérer l’impact des actions sociales. 

Parmi les recommandations du manifeste: la promotion des femmes comme des entrepreneurs et innovatrices afin d’améliorer leur visibilité dans l’espace public par l’innovation technologique, sociale et économique. “Il faut une prise de conscience générale, notamment des médias avec une auto régulation pour faire progresser les mentalités, informer et sensibiliser”, précise le texte. 

“Investir dans la technologie pour créer des solutions innovantes qui répondent aux besoins des femmes et des filles. Il y a un raccourcissement de la distance entre le travail et la vie privée, on peut travailler de manière plus flexible grâce aux nouvelles technologiques. Cette dernière rapproche le monde, et le rend plus rapide”, ont estimé les signataires du manifeste. 

Faciliter l’accès aux financements 

“Investir sur les femmes n’est pas un luxe mais c’est indispensable pour assurer un développement économique durable”. Pour ce faire, il serait plus judicieux, selon le manifeste, d’implanter un business model innovant pour soutenir les actions entrepreneuriales.

“On ne peut pas assurer le développement d’une nation si sa moitié, la femme, n’est pas intégrée”, affirme le texte qui recommande de promouvoir et d’allouer une partie des achats publics et privés pour les stratégies et initiatives basées sur le genre, d’informer sur l’accès aux systèmes bancaires et ses innovations pour protéger et insérer les femmes dans le développement économique, de construire un fonds pour l’entrepreneuriat dédié aux femmes arabes et africaines pour favoriser l’accès au financement.

“La microfinance doit être considérée comme un produit financier entier et non un choix par défaut. Ce produit est un moyen d’ouvrir la voie vers l’autonomie”, souligne le plaidoyer, appelant au passage à renforcer le réseau professionnel des femmes africaines et arabes pour favoriser la coopération et l’entraide via une plateforme qui soutiendrait les relations et les connections à travers le monde.