ALGÉRIE
15/09/2018 11h:26 CET

L'Algérie a dépensé plus de 400.000 dollars de lobbying auprès des US (Média)

ilbusca via Getty Images

Selon le journal en ligne Al-Monitor, spécialisé la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), l’Algérie a déboursé plus de 400.000 dollars de lobbying en 2017 auprès de l’administration Trump des Etats-Unis d’Amérique. 

Basé à Washington, le site d’informations Al-Monitor publie chaque année des rapports sur le lobbying des pays arabes auprès de l’administration américaine. Cette série d’investigations, qui a été récompensée par un Prix de journalisme en ligne selon ses auteurs, résume les dépenses de lobbying chaque pays de la région en révélant le “pourquoi”, le “comment” et surtout le “combien”.

Al-Monitor explique que ces rapports “permettent de comprendre la politique extérieure des Etats-Unis et ses décisions envers les pays arabes, notamment ses contrats d’armement, ses aides étrangères, ses accords commerciaux et ses sanctions financières”.

L’Algérie a dépensé plus de 400.000 dollars en 2017

Ce site d’information s’est également intéressé à l’Algérie et ses dépenses de lobbying auprès de l’administration Trump l’année dernière. Dans un rapport publié la semaine passée, la même source révèle que le montant des dépenses se situe à environ 420.000 dollars.

L’Algérie a dépensé cette somme auprès du cabinet d’avocats Foley Hoag, basé à Boston, poursuit la même source, afin de “renforcer la coopération énergétique en suscitant l’intérêt du Congrès américain” et “relancer le processus de négociation entre le Sahara Occidental et le Maroc”.

Le rapport indique que le lobbying de l’Algérie a enregistré autant de victoires que de défaites. Ces dépenses ont permis d’inscrire la cause sahraouie dans un projet de loi de crédits au Sénat américain, de convaincre l’envoyé spécial de l’ONU au Sahara occidental de relancer les pourparlers de paix avec le Maroc et de susciter l’intérêt du Congrès pour la coopération hydrocarbure entre l’Algérie et les Etats-Unis.

Ce lobbying a toutefois fait face à une baisse de l’aide de l’ONU au Sahara occidental. Al-Monitor souligne également que le Département d’Etat a qualifié le Front Polisario de “séparatiste” dans un de ses rapports sur les droits de l’Homme.

A propos de la baisse de l’aide onusienne, l’ambassadeur de l’Algérie auprès des Nations Unies, Madjid Bouguerra, a fait savoir que cette baisse se justifie par la reconduction du mandat de la Minurso pour six mois au lieu d’une année habituelle, rajoutant que “cette mission, l’une des plus petites au monde, ne coûte pas aussi cher”.

Dans une interview à Al-Monitor, il a également expliqué avoir eu “quelques mots” avec le Département d’Etat concernant la qualification de “séparatiste” du Front Polisario. “Cela ne reflète pas la position officielle et réelle des Etats-Unis sur le conflit”, a-t-il affirmé.

Capture decran

L’Algérie ”éclipsée”

Al Monitor fait savoir que le montant de lobbying dépensé par l’Algérie “est éclipsé par les millions de dollars” du Maroc (2.17 millions USD) ou des autres pays arabes par exemple. 

Le rapport explique que les dépenses marocaines ont permis de maintenir les aides financières au même niveau et de garantir “le mutisme des Etats-Unis sur les protestations survenues au Rif”, sans toutefois réussir à susciter l’intérêt de Trump. 

De son côté, la Tunisie a dépensé environ 105.000 dollars, loin derrière les 590.000 USD dépensés par la Libye. 

Le Sahara Occidental a de son côté dépensé “seulement” 24.000 USD, note le rapport. 

Au Moyen-Orient, l’Arabie Saoudite est deuxième du classement avec 13 millions USD de lobbying, derrière le Qatar (18.5 millions USD), sur fond de crise entre les deux pays. L’Egypte a quant à elle dépensé 5.2 millions de dollars. 

Le rapport note que la Turquie a “dépensé plus que jamais” en 2017, pour atteindre 5.6 millions de dollars censés “acheter le mutisme des Etats-Unis sur sa répression”.