ALGÉRIE
22/10/2019 15h:30 CET

Lakhdar Bouregâa refuse de répondre aux questions du juge d’instruction, ne reconnait pas "le système de pouvoir"

Franceinfo
Lakhdar Bouregaâ, 86 ans, est poursuivi pour "outrage à corps constitué et atteinte au moral de l'armée".

Lakhdar Bouregâa, ancien chef adjoint de la wilaya historique IV durant la guerre de libération nationale, a refusé de répondre au juge d’instruction du tribunal de Bir Mourad Raïs, à Alger, ce mardi 22 octobre 2019. “Il n’a pas voulu répondre en disant au juge qu’il ne reconnait pas les chefs d’inculpation retenus contre lui, ne reconnait pas le système de pouvoir. Il a ajouté qu’il ne veut pas trahir le hirak », a précisé son avocat Abdelghani Badi, contacté par HuffPost Algérie. «Lakhadar Bouregâa ne reconnait le gouvernement illégitime”, a écrit Hani Bouregâa, fils du détenu, sur son compte Facebook.

Mis en détention le 30 juin 2019, Lakhdar Bouregâa, 86 ans, est poursuivi pour “atteinte au moral de l’armée et outrage à corps constitué”. Selon l’avocat, le juge d’instruction a pris acte du refus du prévenu de répondre aux questions relatives au fond de l’affaire.

Le juge d’instruction peut s’appuyer sur les Procès-verbaux établis après l’arrestation du prévenu et envoyer l’affaire au jugement en mentionnant le refus du prévenu de participer à l’audition. Dans tous les cas, il ne peut pas obliger le prévenu à répondre à ses questions”, a indiqué l’avocat. Il a rappelé que le procès au tribunal militaire de Blida, en septembre dernier, le général Athmane Tartag, ex-patron des services secrets, ne s’est pas déplacé au tribunal pour répondre aux questions du juge qu’il ne l’a pas obligé à le faire.  

Le 8 octobre 2019, les avocats de Lakhadar Bouregâa ont rendu publique une lettre écrite en prison par le commandant de l’ALN appelant, entre autres, à préserver le caractère pacifique du mouvement de contestation populaire et à refuser l’ingérence étrangère dans les affaires nationales “sous quelque prétexte que ce soit”.