05/04/2018 13h:17 CET | Actualisé 05/04/2018 13h:17 CET

L'agrégation agricole à la recherche d'un nouveau souffle

Seulement 49.000 agriculteurs officiellement agrégés.

© William Stevens via Getty Images

AGRICULTURE - L’union fait la force, et l’adage n’a jamais été aussi pertinent que dans le domaine agricole. Pourtant au Maroc, et malgré la mise en place d’une loi et du décret d’application qui l’accompagne, l’agrégation agricole peine encore à s’instaurer comme pratique. Au point de pousser le département de tutelle à organiser un séminaire national sur la question, tenu hier 4 avril à Marrakech et présidé par Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime.

1,7 milliard de dirhams de subventions donnés jusqu’à présent

Plusieurs années après sa mise en place, l’agrégation agricole n’a séduit pour le moment que 49.000 agriculteurs selon les chiffres du ministère alors qu’ils seraient au moins 200.000 à adopter ce mode de travail sans disposer du statut officiel, dont 170.000 dans la filière de production laitière, 5.000 dans le domaine des agrumes et 9.000 dans l’élevage de volailles. “Certes, ces agriculteurs sont agrégés, mais ils ne bénéficient malheureusement pas des incitations publiques prévues par la loi”, déplore Akhannouch. Ces dernières se sont d’ailleurs élevées à 1,7 milliard de dirhams, soit près de 35.000 dirhams pour chaque agriculteur.

Une prime qui ne semble pas assez encourageante pour les professionnels du secteur dont les propositions à l’issue de cette journée ont porté sur la mise en place de nouvelles incitations. Ils ont également appelé à la révision des critères et des normes d’éligibilité pour certaines filières ainsi qu’à l’élaboration de nouveaux modèles d’agrégation tels que des projets autour de plateformes de commercialisation, l’instauration de nouvelles filières de production ou encore l’assouplissement de la procédure d’approbation des projets d’agrégation.

Le grand agriculteur doit s’intéresser à son voisin

Clé de voute de l’agriculture nationale, l’agrégation agricole a été érigée en priorité dans le cadre du Plan Maroc Vert et permet de contourner les difficultés liées à la taille des exploitations agricoles. Elle offre ainsi aux agrégés la possibilité de tirer profit des techniques modernes de production, de financement et d’accès aux marchés intérieurs et extérieurs. Pour leur part, les agrégateurs assurent l‘approvisionnement de leurs unités agro-industrielles par des produits de qualité, avec une traçabilité assurée.

Selon le ministre, ce modèle a fait ses preuves, citant des pays comme le Japon ou l’Allemagne, où 70% des systèmes productifs sont sous forme de coopératives, sans compter que 40% de la valeur ajoutée agricole des États-Unis provient de cette forme d’organisation. “Il y a de grands agriculteurs qui ont 200 hectares. Il ne leur coûterait rien de regarder autour d’eux et de s’adresser à leur voisin qui n’a que deux ou trois hectares afin de s’entraider”, fait valoir le ministre. À bon entendeur. 

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