MAROC
17/05/2018 13h:29 CET

Laftit suspend le conseil de la région Guelmim-Oued Noun

Le wali de la région a saisi le ministre de l’Intérieur en lui soumettant un rapport détaillé sur cette situation sans issue du conseil régional.

FADEL SENNA via Getty Images

RÉGION - Une décision inéluctable face à la crise. Au conseil régional de Guelmim-Oued Noun, le conflit entre les membres a conduit à une paralysie totale face à laquelle il n’y avait qu’une alternative, pour le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit: la suspension.   

C’est le département de l’Intérieur qui l’annonce dans un communiqué, publié hier soir, indiquant qu’une commission spéciale a été chargée de gérer les affaires courantes du conseil. Une situation qui devra durer le temps que “toutes les composantes du conseil procèdent à une auto-évaluation et s’engagent dans une approche positive nouvelle”. Et cette approche à laquelle appelle le ministre de l’Intérieur devra mettre de côté “les intérêts personnels” et “les considérations étroites” pour “un travail collectif et solidaire”.

Un défi pour le conseil de cette région où les sessions ordinaires ressemblent à des champs de bataille entre les partis de la majorité et de l’opposition. Ainsi, à la session du 5 avril dernier, les points à l’ordre du jour n’ont pas pu être débattus et la confrontation entre le président du conseil, Abderrahim Ben Bouaida (RNI), et le conseiller municipal, Abdelouahd Belfkih (USFP) est montée d’un cran. Les deux hommes connus pour leur rivalité politique ne peuvent mener une mission commune. 

Le wali de la région a donc saisi le ministre de l’Intérieur en lui soumettant un rapport détaillé sur cette situation sans issue du conseil régional de Guelmim-Oued Noun et qui dure depuis un an. Stagnation et dysfonctionnements de tout genre ont immobilisé les travaux du conseil et menacent désormais “de porter atteinte à son bon fonctionnement’’.

Parmi les principaux aspects des dysfonctionnements relevés, selon la même source, figure le rejet de la majorité des points inscrits à l’ordre du jour des sessions ordinaires et celles extraordinaires tenues par le conseil durant 2017 et courant 2018. De cause à effet, le fonctionnement normal des services relevant du conseil de la région a été perturbé et la réalisation des projets approuvés par le Conseil accuse “un retard injustifié”. Et à ce propos, le communiqué précise qu’il est question des projets programmés dans le cadre des conventions issues du contrat-programme de développement intégré des provinces du sud.

Autres aspects de dysfonctionnement relevés: le non-respect de la procédure légale relative à l’examen et au vote du budget 2018. Une violation qui a poussé des parties au sein du conseil à porter plainte afin d’interjeter recours sur la validité des procédures y afférentes, ajoute le communiqué.

Les tribunaux saisis ont décidé, en première instance et en appel, de révoquer la décision du président du conseil de la région concernant la clôture et l’adoption du budget objet de contestation. Un verdict faisant l’objet d’une procédure d’exécution urgente, et ce dans l’attente de statuer sur le sujet de la plainte, à savoir, l’annulation dudit budget.

Le conseil s’est ainsi retrouvé dans l’incapacité d’honorer ses engagements financiers dans le cadre des conventions spécifiques inscrites au programme de développement intégré de la région au titre de l’année budgétaire 2018. “Avec une telle situation, il sera impossible d’exécuter et de réaliser les projets dudit programme dans les délais impartis”, estime le ministère de l’Intérieur.

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