TUNISIE
16/03/2018 18h:34 CET | Actualisé 17/03/2018 12h:51 CET

"L'affaire de l'espionnage" : Le vrai du faux

Cette affaire a laissé place à toutes les rumeurs.

Zolnierek via Getty Images
Marteau de juge

L’affaire de l’espionnage dévoilée par le journal Al Chourouk en février dernier, est à nouveau d’actualité, après que plusieurs médias tunisiens ont relayé aujourd’hui l’information selon laquelle le secrétaire général de Machrou Tounes, Mohsen Marzouk, le le secrétaire général adjoint de l’UGTT, Bouali Mbarki, l’homme d’affaires Khelifa Atoun, et le conseiller de l’ancien président  Moncef Marzouki, Aziz Krichen, auraient été convoqués par le juge instruction au pôle judiciaire, afin d’être entendus dans le cadre de cette affaire.

L’affaire impliquerait un certain homme d’affaires français du nom de Jean Jaques Demri.

Les révélations d’Al Chourouk pointent du doigt un certain nombre de responsables, de ministres, de chefs de partis et de directeurs de banques, qui auraient été enrôlés par ce Français résident en Tunisie, depuis près d’une décennie.

Face à la circulation massive de l’information, Bouali Mbarki a totalement démenti la convocation dans une publication Facebook sur la page de l’UGTT, dénonçant un complot contre l’organisation syndicale visant à ternir l’image de ses dirigeants, “leur attribuant des accusations auxquelles ils sont totalement étrangers.”

“Le bureau exécutif de l’UGTT exprime sa condamnation de cette attaque et invite ses différentes structures à se mobiliser pour défendre l’organisation et ses militants” ajoute l’UGTT dans son communiqué

 

Contacté par HuffPost Tunisie, Mohsen Marzouk affirme qu’il a bel et bien reçu une convocation de la part de la justice, niant toute implication dans l’affaire que les médias avaient relayé.

Marzouk souligne que la convocation indique clairement qu’il est invité à comparaître en tant que témoin, et non en tant qu’accusé.

“J’ai reçu aujourd’hui une convocation et je compte me présenter par respect à la justice, mais je n’ai aucune relation avec cette affaire” a-t-il ajouté, dénonçant une recherche de buzz de la part des médias “qui ne font que ternir la réputation des gens”.

“Je ne sais même pas sur quoi porte la convocation” a-t-il indiqué.

Interrogé le mois dernier par Radio Med, Sofien Sliti, porte-parole du pôle judiciaire économique et financier, avait nié qu’il s’agit d’une affaire d’espionnage évoquant seulement des opération de blanchiment d’argent dans laquelle sont impliqués plusieurs hauts cadres et une personne étrangère.

“Nous sommes étonnés de ce qui a été publié” a-t-il avancé. “Cela n’a absolument rien à voir avec de l’espionnage (...) Il s’agit simplement d’un crime de blanchiment d’argent puni par l’article 96 du code pénal” avait-t-il ajouté.

Sofiene Sliti a par ailleurs confirmé hier à l’agence TAP, que les 4 personnes précitées avaient bien été convoquées par le juge d’instruction, indiquant que l’affaire porte sur du blanchiment d’argent.

Il a également souligné que ces derniers ont été convoqués en tant que témoins et non en tant qu’accusés, comme l’avaient affirmé certains médias.

Sliti a également ajouté que le fait que l’affaire soit entre les mains du pôle judiciaire économique est financier, constitue la preuve que celle-ci n’a aucun lien avec une affaire d’espionnage.

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