MAROC
03/12/2018 09h:40 CET

L'actrice Rania Youssef poursuivie en Égypte pour avoir porté cette robe transparente

Après le tollé déclenché sur la toile, l'actrice a été contrainte de s'excuser auprès du public.

SUHAIL SALEH via Getty Images

CULTURE - Rania Youssef fait à une fronde d’ampleur en Égypte. L’actrice de 45 ans devra en effet comparaître devant la justice le 12 janvier prochain, a-t-on appris de source judiciaire samedi 1er décembre. Le délit? Le port d’une robe noire moulante, en partie transparente, et donc laissant apparaître ses jambes, lors de la cérémonie de clôture du festival international du film du Caire, jeudi 29 novembre.

Cette décision intervient après le dépôt de deux plaintes. Amrou Abdessalam, avocat égyptien, a déposé une plainte devant le tribunal du Caire, accusant la quadragénaire “d’incitation à la débauche”. Pour rappel, pareil délit est passible de cinq ans d’emprisonnement dans ce pays d’Afrique. Même son de cloche pour Samir Sabri. Cet autre avocat, connu pour avoir porté plainte contre plusieurs célébrités, a déposé une plainte auprès du procureur général, évoquant les mêmes accusations. “L’apparence de Rania Youssef est contraire aux traditions, aux valeurs de la société et à ses moeurs, et cela a nui au festival et à l’image de la femme égyptienne”, a-t-il asséné.

L’actrice contrainte de s’excuser

Le syndicat des artistes égyptiens a dénoncé dans un communiqué, sans citer de nom, “l’apparence de certaines invitées du festival qui n’est guère conforme aux traditions de la société...”. Assurant qu’il “croit en la liberté personnelle des artistes”, le syndicat a appelé ces derniers à “prendre en compte leurs responsabilités envers un public qui respecte leur art”.

Après le tollé déclenché sur la toile, l’actrice a été contrainte de s’excuser auprès du public. “J’ai probablement fait un mauvais calcul quand j’ai choisi de porter cette robe”, a-t-elle écrit sur son compte Twitter, assurant qu’elle “ne pensait pas que (la robe) déclencherait autant de colère”. Plus tôt cette année, une chanteuse égyptienne, accusée “d’incitation à la débauche”, a été arrêtée et maintenu en détention pendant quatre jours après la diffusion d’un vidéo-clip incluant des scènes de danse orientale sensuelle et une gestuelle suggestive.