MAROC
15/05/2019 17h:58 CET

L'activiste rifaine Nawal Ben Aïssa a demandé l'asile politique aux Pays-Bas

Elle a quitté le Maroc clandestinement d'après EFE.

FADEL SENNA via Getty Images

HIRAK - Le 12 avril, elle avait été interdite de quitter le territoire marocain pour se rendre aux Pays-Bas où elle comptait participer à une conférence sur la justice sociale organisée par le Parti socialiste néerlandais (PS). Nawal Ben Aïssa, l’activiste rifaine, a fini par choisir la voie clandestine pour partir définitivement du Maroc le 25 avril.

C’est ce qu’elle a confirmé à l’agence de presse espagnole EFE selon laquelle l’activiste a quitté son pays en compagnie de son fils Yanis, âgé de 5 ans, en passant par Ceuta. Ensuite, passée par Madrid, Nawal Ben Aïssa a réussi à rejoindre les Pays-Bas où elle a demandé l’asile politique. 

Dans une déclaration au téléphone à EFE, elle a affirmé: “il y a quelques jours, j’ai demandé l’asile aux Pays-Bas et j’ai justifié ma demande de persécution. Je suis menacée d’emprisonnement à tout moment si je participe à une manifestation, ce qui limite ma voix et ma liberté”.

Nawal Ben Aïssa avait précisé que son interdiction de partir du Maroc lui avait été notifiée par les agents de police qui lui avaient dit que son passeport et celui de son fils “avaient été invalidés, même s’ils sont valables jusqu’en 2023”.

Sur sa page Facebook, plusieurs jeunes d’Al Hoceïma lui souhaitent une vie meilleure, témoignant affection et estime qu’ils ont pour la militante du Hirak. Âgée de 35 ans et mère de 4 enfants, Nawal Ben Aïssa, sortie de l’anonymat au cours des événements qui avaient secoué Al Hoceïma en 2016-2017, a été condamnée à 10 mois de prison avec sursis assortie d’une amende de 500 dirhams. Elle a été reconnue coupable de “participation à une manifestation non autorisée” et “insulte envers les agents de la force publique”.

Amnesty International avait plaidé, à plusieurs reprises, pour l’abandon de toutes les poursuites à son encontre. L’organisation avait estimé que Nawal Ben Aïssa est une “manifestante pacifique” victime “d’actes d’intimidation et de manœuvres de harcèlement répétés”.