ALGÉRIE
25/05/2018 15h:05 CET | Actualisé 25/05/2018 15h:07 CET

Lâché par la tutelle, le réalisateur Yanis Koussim continuera "Alger By Night"

Le réalisateur lancera incessamment un Crowdfunding pour finir “Alger By Night” pendant que la tutelle garde toujours le silence.

Alger By Night le film/ FB
Image d'une scène du film Alger By Night de Yanis Koussim

Le flou continue de planer sur le financement du  film “Alger By Night” de Yanis Koussim. Après d’innombrables tentatives pour obtenir une audience avec les responsables au ministère de la Culture sur les raisons de son “blocage”, Yanis Koussim décide de prendre les choses en main. Le réalisateur lancera incessamment un Crowdfunding pour finir “Alger By Night” pendant que la tutelle garde toujours le silence.

Yanis Koussim, réalisateur de “Alger By Night”, une fiction qui lève le voile sur le monde de la nuit algérois, n’a toujours pas résolu le mystère qui entoure le silence intriguant de la tutelle.

Depuis plusieurs mois il attend, désespéramment, de percevoir un financement du Fonds de développement de l’art, de la technique et de l’industrie cinématographiques (Fdatic), du ministère de la culture, pour terminer la réalisation de son film. Malgré toutes les démarches entreprises par le réalisateur, aucune explication ni courrier officiel ne lui a été adressé pour justifier ou expliquer ce retard.

“D’une part on me dit qu’il n’y a aucun problème avec mon film et d’autre part, on me laisse entendre que mon film est choquant. Un jugement émis sur la base d’une copie non achevée et remise au ministère à mon insu. Aujourd’hui je considère que ces discours paradoxaux et surtout non officiels doivent cesser. C’est un mépris total envers mon travail. Mes engagements vis-à-vis de l’équipe du film et mes autres bailleurs de fonds m’obligent désormais à trouver d’autres sources financières et terminer mon film”, indique Yanis Koussim.

“Alger By Night” est pratiquement terminé. Il ne manque, selon le réalisateur, que le montage final.

Cette fiction met en scène une photographe qui réalise un reportage dans les rues d’Alger à la tombée de la nuit. Celle-ci rencontre différents personnages qui animent la vie nocturne algéroise, notamment une prostituée, un vagabond, une femme médecin, un jet-setter du monde des affaires et bien d’autres personnages.

Présenté à la commission de validation du ministère de la Culture en 2014, le scénario avait été approuvé et soutenu financièrement par la tutelle. Yanis Koussim affirme que les scènes tournées sont totalement conformes au scénario, seul changement l’introduction d’un nouveau personnage et le ministère a été informé de cela, ajoute-t-il.

“Je tiens à préciser que la copie du film qui a été remise au Ministère en décembre dernier résultait de quelques semaines de tournage, et je ne sais même pas qui a pris cette initiative. Le règlement dit que chaque réalisateur remet à la commission de validation de la tutelle une copie du montage final afin de la visionner et évaluer sa conformité avec le scénario, chose que j’ai faite en mai dernier. Et encore une fois la tutelle n’a pas réagi”, précise le réalisateur.

Après la publication de deux lettres ouvertes sur compte Facebook, Yanis Koussim a tenté d’attirer l’attention du Président des commissions du Fdatic, Ahmed Béjaoui, sur le sort de “Alger By Night”.

Ce dernier lui signifie, dans un commentaire sur sa lettre ouverte sur Facebook, qu’il est en “retard sur la situation de son film et qu’il devrait vérifier auprès de l’administration du ministère de la culture”.


“Je n’ai reçu aucun coup de fil du ministère, ni courrier, ni mail. Mes allers-retours n’ont abouti à rien et personne n’a eu le scrupule de me recevoir. Tout ce que j’ai appris jusqu’à ce jour ce sont des bruits de couloir”, souligne Yanis Koussim.

Pour lui, la situation est “aberrante”. Il est persuadé que la commission ne peut rien reprocher à son film, puisque celle-ci a validé le scénario sans problème. Livré à lui-même, le réalisateur tente d’élucider le mystère en se basant sur des suppositions.

Yanis Koussim, informe que certaines scènes de “Alger By Night” sont filmées dans un cabaret, le langage des personnages est parfois vulgaire pour se rapprocher au mieux de la réalité. Il présume que ces scènes sont peut-être à l’origine du blocage, même si elles étaient bel et bien décrites dans le scénario.

“Si par choquant le ministère fait référence aux scènes tournées dans les cabarets, c’est une fois de plus paradoxal. Dans mon court-métrage “Khti”, il y a des scènes beaucoup plus osées et pourtant je n’ai jamais eu de problème” souligne-t-il. 

Si c’est le cas, Yanis demande à s’entretenir avec la commission, il se dit ouvert à un dialogue serein où chacun défend son opinion. Il estime que c’est le seul moyen d’arriver à un terrain d’entente.

Mais pour Yanis Koussim, le silence de la tutelle devient pesant et met à mal sa réputation. Il a donc décidé de faire abstraction de toutes ces entraves et de se remettre au travail pour finir “Alger By Night”. Une levée de fonds prévue dans les prochains jours afin de mobiliser les fonds nécessaires à la finalisation du film. 

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