MAROC
10/07/2019 18h:11 CET | Actualisé 10/07/2019 18h:24 CET

La vidéo d'une femme agressée au Maroc devient une fake news en Inde

Des internautes ont affirmé qu'il s'agissait d'une femme en burqa attaquée en Inde.

Twitter

FAKE NEWS - Depuis quelques jours, circule sur les réseaux indiens une vidéo montrant une femme se faisant attaquer par un groupe de jeunes. Ces derniers lui jettent au visage farine, œufs et eau. Certains la saisissent par son voile et la bousculent. 

Un court extrait partagé notamment sur le compte Twitter d’un utilisateur indien, supprimé depuis, avec comme texte “Que se passe-t-il dans ce pays? Tant de haine envers les musulmans”. Texte semblant insinuer que la vidéo montre l’attaque d’une femme musulmane en Inde. Selon le site indien Alt News, spécialisé dans le fact checking, l’utilisateur à l’origine de ce post a taggué plusieurs politiciens indiens, dont le Premier ministre Narendra Modi. 

Il s’est alors avéré que cette vidéo n’a pas été tournée en Inde, mais au Maroc. En effet, le site Alt News a retracé son parcours pour retrouver son contexte original. Elle date, en réalité d’octobre 2015, et montre un groupe de jeunes faisant une blague de mauvais goût à une de leur voisine pendant les fêtes de Achoura. Il ne s’agit donc pas d’une agression islamophobe dans cette vidéo qui a rapidement pris une seconde vie sur les réseaux. Selon Alt News, certains ont aussi laissé penser qu’il s’agissait d’une attaque ayant eu lieu en France.

Fake news, un fléau en Inde

L’Inde peine à lutter contre le fléau des fake news sur les réseaux, notamment à travers la messagerie WhatsAppsur laquelle cette fameuse vidéo a également été largement relayée. Une situation telle que cette application a été contrainte d’annoncer, le vendredi 20 juillet 2018, avoir restreint les transferts de messages en Inde, dans le but de freiner la propagation des fake news. Ces derniers avaient été à l’origine d’une série de violences meurtrières dans ce pays d’Asie du Sud.

Une initiative qui n’empêche, pourtant, pas la diffusion de fausses informations sur Internet. Selon Reuters, le fact-checking est devenu un véritable business dans ce pays où de nombreux médias mettent à profit des équipes entières de journalistes chargées de vérifier les informations diffusées en ligne.