MAROC
26/06/2018 14h:40 CET

La venue de Moshe Amirav au Maroc scandalise les organismes de soutien de la Palestine

"Moshe Amirav n'est pas l'invité du Maroc", répond le ministère des Affaires étrangères.

FADEL SENNA via Getty Images

PALESTINE - “Nous ne sommes pas les seuls à considérer Moshe Amirav comme criminel de guerre. C’est un sioniste qui est invité à cette conférence et à qui on impute des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et d’exterminations massives”. Le coordinateur du Groupe d’action national pour le soutien de la Palestine, Abdelkader Alami, exprime la révolte de l’ONG contre la venue de l’universitaire Moshe Amirav au Maroc.

Ce dernier est l’un des participants à la conférence internationale sur la question d’Al Qods, qui s’ouvre aujourd’hui dans l’après-midi au siège du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (MAECI) en présence du chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita. D’une durée de trois jours, du 26 au 28 juin, cette conférence porte sur “La question d’Al Qods après 50 ans d’occupation et 25 ans d’existence des accords d’Oslo”.

Cet événement qu’abrite Rabat est organisé par le Comité des Nations Unies pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, organe subsidiaire de l’Assemblée générale, avec le soutien de l’Organisation de la coopération islamique (OCI). Il se déroulera en présence du sous-secrétaire général aux affaires politiques de l’ONU, Miroslav Jenča, et du Secrétaire général adjoint de l’OCI, Samir Bakr.

 “Moshe Amirav n’est pas l’invité du Maroc”, nous précise-t-on au MAECI, soulignant que le comité organisateur compte plusieurs pays, dont Israël, et qu’il s’agit “d’une réunion onusienne” où la composition des délégations n’appartient qu’aux Etats membres. Pour le MAECI, c’est donc “une erreur” de croire que le Maroc a invité telle ou telle personne ou qu’il a décidé de la présence d’un pays ou d’un autre à ce genre de conférence où il sert uniquement de terre d’accueil. Pour le Maroc, c’est l’occasion de réitérer dans le cadre d’un message royal, qui sera lu par Nasser Bourita, la position indéfectible du royaume envers la Palestine. 

Il n’est donc pas question d’une quelconque naturalisation des relations entre le Maroc et Israël. Pourtant, le Groupe d’action national pour le soutien de la Palestine ne voit pas cela du même oeil. Il a publié un communiqué sur sa page Facebook. Dans ce dernier, il a appelé à “l’annulation immédiate de l’invitation de Moshe Amirav” et à “procéder à son arrestation pour être jugé en tant que criminel de guerre dans le cas où il entrerait sur le territoire marocain”.

Que sa présence ne soit pas liée au Maroc n’empêche pas cette ONG de la dénoncer. “Le Maroc n’aurait pas dû l’accepter”, estime Abdelkader Alami, précisant que la personnalité en question est “responsable de la destruction du quartier des Maghrébins à Al-Qods. Il ne faut pas lui ouvrir nos frontières”, soutient-il.

Et cette ONG n’est pas la seule à légitimer sa colère. L’Observatoire marocain anti-normalisation a protesté, hier, contre la venue de Moshe Amirav par la voie d’un sit-in devant le Parlement.    

“Nous avons participé à ce sit-in symbolique initié par une coalition de nombreuses associations qui soutiennent la cause palestinienne”, indique Abdelkader Alami. Et de préciser que les ONG ne cherchent pas ainsi à “torpiller” la conférence internationale: “Nous n’avons jamais visé l’événement en soi, nous protestons uniquement contre la présence de cette personne. Nous trouvons insensé que quelqu’un qui a détruit des symboles d’Al-Qods participe à une conférence en faveur d’Al-Qods. C’est un paradoxe que nous refusons”.

Un tollé de ce genre, le Maroc en a connu un autre au mois d’octobre dernier, lorsque Amir Peretz, ancien ministre israélien de la Défense d’origine marocaine, est venu au Maroc. Il devait participer à la tête d’une délégation à la conférence internationale de l’Assemblée parlementaire de la Méditerranée (APM) sur la facilitation du commerce et des investissements qui s’est tenu les 8 et 9 octobre au siège du parlement à Rabat.

Le Groupe d’action national pour le soutien à la Palestine avait alors adressé une lettre incendiaire au président de la Chambre des conseillers lui reprochant d’accueillir “un criminel et un terroriste”. Révoltés, les députés l’ont également été contre la présence de Amir Peretz et certains, notamment le groupe du PJD, avaient fini par boycotter la rencontre.

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