MAROC
25/10/2018 18h:45 CET

La twittosphère inondée de photos à la gloire de Mohammed Ben Salman

#انا_عربي_ومحمد_بن_سلمان_يمثلن a atteint en quelques heures le top 3 des tendances mondiales sur Twitter.

INTERNATIONAL - Après plus de 130.000 occurrences sur Twitter en moins de 24 heures, le hashtag #انا_عربي_ومحمد_بن_سلمان_يمثلن, signifiant littéralement “Je suis arabe et Mohammed Ben Salman me représente” inonde littéralement la twittosphère au point d’attendre le top 3 des tendances mondiales sur le réseau social.

Dans la tourmente depuis le début de l’affaire Khashoggi, il semblerait que celui que l’on surnomme MBS ait lancé une véritable campagne médiatique pour gagner en capital sympathie grâce à une armée de “trolls”. Les tweets proviennent d’Égypte, d’Irak et même du Maroc, et sont accompagnés de messages à la gloire du prince héritier d’Arabie saoudite qualifié de “leader de la nation arabe”.

“C’est comme s’il pliait sous son manteau les soucis d’une nation nommée la nation arabe. Il n’y a rien à craindre du sort de la nation aussi longtemps que cette homme respire. (...) Votre discours d’hier équivaut à un sérum qui restaure la gloire de la nation.”

“Tu influences partout où tu vas et tu inspires des millions de personnes... Je suis arabe et le prince Mohammed Ben Salman me représente”.

Une pratique qui ne semble pas inconnue en Arabie Saoudite. Le 20 octobre dernier, le New York Times évoquait la présence d’une armée de “trolls” sur twitter visant à attaquer le journaliste disparu Jamal Khashoggi. Une cyber armée qui “faisait partie d’un plan dicté par MBS et ses proches conseillers pour faire taire les critiques tant en Arabie saoudite qu’à l’étranger”, soulignait alors le magazine américain évoquant des “centaines de personnes travaillent dans une soi-disant ferme à trolls à Riyad pour étouffer la voix de dissidents comme Khashoggi”.

Le New York Times évoquait alors une “croisade pour la gestion de l’image du royaume”, affirmant que des agents saoudiens s’étaient mobilisés pour harceler les critiques sur Twitter, une plateforme extrêmement populaire dans le royaume. A la fin de l’article, le journal américain évoquait une étude de McKinsey & Company qui mesurait la réception par le public des mesures d’austérité économique introduites en Arabie saoudite en 2015 et qui aurait été commissionnée par l’Arabie saoudite pour rapporter les formes de critiques envers le régime sur la toile.

McKinsey aurait trouvé trois comptes critiques sur Twitter. Après la parution du rapport, l’homme à l’origine de l’un des comptes a été arrêté et un autre homme a eu son téléphone piraté et a déclaré que deux de ses frères avaient été arrêtés. Le troisième compte, qui était anonyme, a été fermé.

Le même jour, McKinsey a publié un démenti sur son compte Twitter, déclarant n’avoir “jamais été commissionné par aucune autorité saoudienne pour préparer un rapport d’aucune sorte afin d’identifier les comptes critiques”. Le compagnie s’est également déclarée “horrifiée” par la possibilité que le rapport “ait pu être utilisé de manière abusive” expliquant qu’il s’agissait d’une vue d’ensemble sur les réseaux sociaux, rendue publique.