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26/03/2018 16h:07 CET | Actualisé 26/03/2018 16h:07 CET

La Tunisie un pays d’émigration devenu un pays d’immigration

Demander l’asile en Tunisie est assez long et compliqué en l’absence de mécanisme national.

Hani Amara / Reuters

 La Tunisie sur la route de la migration

En 2011, les pays arabes subissent un tournant. En Tunisie, en Libye et en Égypte, des révolutions éclatent.

En Libye, à Benghazi, des affrontements et des manifestations éclatent. Le pays se soulève contre Mouammar Kadhafi. Le peuple réclame le départ du dictateur. À partir de ce moment, des personnes craignant pour leur sécurité décident de fuir vers des pays frontaliers comme la Tunisie.

C’est alors qu’un déplacement massif de personnes a lieu vers les frontières Est et Ouest du pays, particulièrement vers la Tunisie, le pays s’est donc retrouvée au cœur de la crise migratoire.

La migration en Tunisie

Un migrant est une personne qui quitte son pays d’origine ou de naissance vers un autre pour y résider durablement, au moins un an.

Un réfugié est, comme le décrit la convention de Genève relative au statut de réfugié: “une personne qui craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et ne peut ou ne veut, du fait de cette crainte, en réclamer la protection”.

La Tunisie étant frontalière avec la Libye, c’est la première destination “choisie” par les habitants fuyant leur pays.

Cependant, il ne faut pas confondre réfugié et migrant car un réfugié a été forcé de fuir son pays d’origine et ne peut pas y retourner en sécurité alors qu’un migrant, lui, a la possibilité de rentrer dans son pays d’origine et de se réclamer de sa protection.

Un demandeur d’asile est une personne qui a déposé une demande pour être reconnue réfugié.

Demander l’asile en Tunisie

La Tunisie a ratifié la convention de Genève relative au statut de réfugié en 1957 et son protocole additionnel en 1968.

Cependant, à ce jour, aucune loi nationale sur l’asile n’a été promulguée.

Demander l’asile en Tunisie est assez long et compliqué en l’absence de mécanisme national. Il faut tout d’abord remplir un formulaire sur lequel on doit décliner son identité et dire pourquoi cette demande est formulée: il faut raconter son histoire.

Lorsque les demandeurs d’asile s’adressent au UNHCR pour une demande d’asile, ce dernier leur fournit un certificat prouvant que leur demande est prise en compte ce qui, en théorie, les protège des contrôles de police. Mais, ce document ne vaut ni titre de séjour, ni document de voyage. Entre le moment où on remplit le formulaire et le moment où l’on reçoit la réponse, il y a un mois.

Il y a deux réponses possibles: la réponse positive et dans ce cas le demandeur d’asile est reconnu comme réfugié et la réponse négative. Dans le deuxième cas, le demandeur d’asile peut demander un recours, il obtient une réponse en un mois. Si cette deuxième réponse est négative, alors elle devient définitive, mais, la personne peut rester sur le territoire tunisien. S’il ne le désire pas, il existe une aide au retour volontaire (ARV) qui est mise en place par l’OIM (Organisation Internationale des Migrations) et qui peut aider à financer un retour.

Depuis 2016, il y a 65,6 millions de personnes déracinées à travers le monde selon le HCR.

Les trois principaux pays d’accueil dans le monde sont la Turquie avec 2,9 millions réfugiés et migrants, le Pakistan qui en accueille 1,4 millions et le Liban qui de son côté en accueille 1 million. Les pays en voie de développement accueillent 86% des réfugiés.

En Tunisie, 729 personnes sont accueillies par le HCR et demandent une protection internationale (réfugiés et migrants).

Une association engagée pour la cause des migrants

Depuis 2012, Terre d’asile Tunisie, la section tunisienne de France terre d’asile, a pour but d’aider les migrants, les réfugiés, les demandeurs d’asile, les déplacés internes et/ou les victimes de la traite dans leurs démarches. Elle peut fournir une aide, un psychologue, un avocat ou un médecin pour les personnes les plus en difficultés. Terre d’asile prend sous son aile les gens les plus démunis.

Par sa Maison de droit et des migrations, cette association accompagne les migrants et les réfugiés sur le plan juridique et social. Elle propose aussi des activités de cohésion et de loisir.

Les gens s’adressent à cette association car ils en ont entendu parler: le bouche à oreille.

Depuis 2014, la Maison des Droits et des migrations a accompagné 1000 personnes selon l’Association.

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