TUNISIE
02/01/2019 20h:50 CET

La Tunisie toujours loin de l'égalité salariale des genres, selon le Global Wage Report

Selon le rapport, les femmes gagnent en moyenne 20% de moins que les hommes sur le plan mondial.

hyejin kang via Getty Images

Le Global Wage Report étudie l’évolution des salaires dans 73 pays, leur répartition, ainsi que la disparité salariale entre les hommes et les femmes.

La Tunisie, qui rentre dans la case des pays à faible/moyen revenu, demeure loin de l’égalité salariale.

Le rapport dresse donc un état de la répartition relative des salaires dans la population, avant de se pencher sur l’égalité hommes-femmes, aussi bien au niveau des salaires horaires que mensuels.

Les valeurs les plus faibles indiquent les niveaux d’inégalité les plus faibles.

Ainsi, dans son édition 2018, la Tunisie se positionne un peu en dessus de la moyenne des pays à faible/moyen revenu. Avec un score de 37.3/100, la Tunisie fait partie des 4 derniers pays de cette catégorie. Le pays avec le moins d’inégalités salariales est la Mongolie, suivie du Vietnam et de l’Ukraine.

Sur le plan mondial, la Suède assure la meilleure répartition des salaires, réalisant un score de 19,5/100, avec une moyenne mondiale de 35,5.

Elle est suivie de la Belgique, de la Norvège et de la Finlande.

Global Wage Report

S’agissant du détail des disparités salariales entre les hommes et les femmes, le rapport expose les différences selon deux axes, à savoir la moyenne et la médiane.

Mais le calcul par la médiane est plus proche de la réalité, puisque le calcul basé sur la moyenne pourrait être biaisé par les salaires trop élevés de certains postes, et les salaires très bas de certains autres.

Selon le Global Wage Report, la Tunisie qui se présente avec un écart de 14,6%, pour une moyenne mondiale de 16,6%. Ces chiffres concernent les rémunérations par heure.

Global Wage Report
Écarts basés sur la médiane (salaires par heure)

Quand le calcul se base sur la moyenne, on remarque une grande différence dans l’écart observé pour la Tunisie. Ainsi, ce dernier recule pour se situer à -4,9%. 

La différence entre les 2 écarts (celui calculé sur la base de la moyenne, et celui sur la base de la médiane) est très souvent témoin d’inégalités significatives entre les salaires des femmes et ceux des hommes.

Selon le Global Wage Report, lorsque l’écart représente une valeur négative, cela reflète le fait que les salaires des femmes sont plus élevés que ceux des hommes.

Global Wage Report
Écarts basés sur la moyenne (salaires par heure)

Selon le rapport, les femmes gagnent en moyenne 20% de moins que les hommes sur le plan mondial.

D’autre part, dans presque tous les pays, l’écart de rémunération entre hommes et femmes est plus important lorsque l’estimation est fondée sur les salaires mensuels plutôt que sur les salaires horaires, ce qui reflète le fait que dans la plupart des pays, le temps de travail diffère significativement entre les hommes et les femmes.

Pour la Tunisie, on remarque un écart important dans le graphique représentant le calcul basé sur la moyenne. Ainsi, ledit écart passe de -4,9% à 8,6%, alors que la différence si on calcule par la médiane ne se montre pas très importante (4,2%).

Global Wage Report
Écarts basés sur la moyenne (salaires par mois)

Le nombre de femmes actives sur le marché de l’emploi pourrait constituer une des raisons des écarts enregistrés.

Le rapport présente un graphique dressant le taux de participation des hommes et celui des femmes à la vie professionnelle.

La courbe jaune représente alors la participation féminine tout au long des différentes tranches d’âges, alors que celle en brun représente la participation masculine. Les barres oranges représentent l’étendue de l’écart dans les salaires.

On remarque que l’écart le plus grand est observé pour les salariés de moins de 19 ans. On trouve ensuite les quadragénaires et les quinquagénaires.

Les écarts les moins prononcés concernent la tranche d’âge 20-29 ans, et à plus faible intensité, celle de 30 à 39 ans.

Global Wage Report

Une inégalité déjà constatée par l’IACE

En 2016, une étude réalisée par l’Institut Arabe des chefs d’entreprises (IACE), a conclut que la femme tunisienne doit travailler deux mois de plus pour être payée autant qu’un homme.

Cette étude montre que les femmes tunisiennes sont sous-rémunérées par rapport aux hommes, précisément d’environ 14,6% de moins que les hommes. 

Cette inégalité est encore plus frappante dans le milieu rural. Une étude de l’Union générale des travailleurs Tunisiens (UGTT) dévoile que les femmes dans le milieu rural gagneraient parfois jusqu’à deux fois moins que les hommes pour le même travail.

L’étude de l’IACE avait également démontré que les femmes actives sur le marché de l’emploi ne constituent que 28% comparé à un taux de 71% pour les hommes. Elles sont sous-représentées dans la sphère décisionnelle, occupent assez souvent des postes de support et perçoivent une rémunération moindre.

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