TUNISIE
27/04/2018 18h:24 CET

La Tunisie est un marché périphérique pour les armes légères et de petit calibre, selon un rapport de l’Institut flamand pour la Paix

Le trafic y existe sous forme de contrebande à petite échelle.

Giorgi Gagnidze / EyeEm via Getty Images

Selon une étude réalisée par l’Institut flamand pour la Paix sur la contrebande d’armes à feu en Afrique du Nord, il apparaît que le trafic en Tunisie a légèrement augmenté depuis la révolution, en comparaison à la Libye. Mais, selon l’Institut, la contrebande d’armes en Tunisie demeure la plus faible de la région.

Ceci est dû selon l’institut à la politique antiterroriste menée par le gouvernement ainsi qu’à la protection de l’Algérie qui a servi de bouclier au trafic d’armes venant du Mali en direction de la Libye et la Tunisie.

Selon le rapport, la Tunisie reste un marché périphérique pour les armes légères et de petit calibre, et le trafic y existe sous forme de contrebande à petite échelle, surtout concentrée aux régions frontalières tuniso-libyennes.

Il y aurait eu également des armes ramenées par des réfugiés libyens appartenant aux forces kaddafistes, et qui s’en seraient débarrassés à leur arrivée en Tunisie, selon le rapport.

Toutefois, des exceptions ont été observés dans le sud tunisien, avec la découverte d’une cache d’armes à Médenine en 2013, qui avait dévoilé les tentatives de quelques groupes terroristes de faire passer clandestinement des armes à feu et des explosifs, mais ceux-ci restent en quantités modestes.

En 2016, suite à l’attaque de Ben Guerdane, les autorités tunisiennes ont découvert plusieurs caches d’armes dans la région. Une des caches contenaient contenant 130 mitrailleuses et 29 fusils d’assaut du type AK, en plus de munitions.

En novembre 2016, quatre autres caches ont été trouvées dans la même zone, contenant 27 fusils d’assaut Kalachnikov et des dizaines de missiles.

Les numéros de série des armes ont mis l’enquête sur la piste d’une société d’armement turque du nom de “Torun Silah Sanayi”, laquelle avait affirmé qu’elle avait vendu ces armes à un revendeur libanais du nom de “Yassine Middle East Company”. L’itinéraire de ces armes reste à ce jour inconnu.

Selon l’institut, les Oueds (lits de rivières asséchées) du Sahara tunisien oriental, représentent la principale voie de trafic d’armes vers la Tunisie. Les contrebandiers profitent donc de l’absence de contrôle dans ces zones, qui peuvent être facilement traversées par des véhicules.

C’est par ces itinéraires que la branche d’Al Qaida au Maghreb (AQMI) a pu s’installer dans des régions comme le Mont Châambi, situé dans le centre-ouest du pays.

Selon le rapport, les autorités tunisiennes ont identifié deux types d’individus qui sont impliqués dans ce trafic. D’un côté on trouve les trafiquants dont le but est purement lucratif, et d’un autre côté les d’individus ou groupes associés au terrorisme. Des opérations de contrebande ont ainsi été liées à des réseaux extrémistes basés en Algérie, et qui ont infiltré le pays, comme AQMI, Ansar al-Shaaria, les combattants de Okba Ibn Nafaa, et Daesh.

La plupart de ces éléments terroristes sont des ressortissants tunisiens, bien que des affaires impliquant des Algériens et des Libyens fassent l’objet d’enquêtes selon l’institut.


En 2010, la Tunisie enregistrait une moyenne d’une arme par mille habitants, tandis que la Libye possédait le taux le plus élevé de la région, avec 15 armes pour 100 habitants.

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