TUNISIE
10/04/2019 14h:10 CET

La Tunisie peut mieux faire estime le FMI

“La Tunisie connaît une reprise modeste" indique le Fonds Monétaire International.

Anis Mili / Reuters

Une équipe du Fond monétaire international (FMI), dirigée par Björn Rother, s’est rendue en Tunisie du 27 mars au 9 avril pour discuter du programme de réforme économique des autorités tunisiennes et de leurs plans d’action pour la cinquième rencontre concernant la Tunisie, appuyés par l’accord de l’EFF (Extended Fund Facility) du FMI.

L’EFF, c’est lorsqu’un pays est confronté à de graves problèmes de balance de paiements à moyen terme en raison des faiblesses structurelles, le FMI intervient pour contribuer au processus d’ajustement dans le cadre d’un mécanisme de financement élargi. Comparée à l’assistance fournie dans le cadre de l’accord de confirmation, l’assistance au titre d’un accord étendu comprend un engagement plus long dans les programmes - pour aider les pays à mettre en œuvre des réformes structurelles à moyen terme - et une période de remboursement plus longue.

L’équipe du FMI a rencontré le chef du gouvernement Youssef Chahed, le ministre des Finances Ridha Chalghoum, le ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale Zied Laâdhari, le ministre auprès du chef du gouvernement chargé des grandes réformes Taoufik Rajhi et le gouverneur de la Banque Centrale Marouane El Abassi, ainsi que leurs collaborateurs. Il y a également eu un entretien avec des représentants de l’UGTT et de l’UTICA, du secteur privé, de la société civile et de la communauté diplomatique.  

Au cours de ces rencontres, plusieurs aspects de l’économie tunisienne ont été étudiés: Le chômage élevé chez la jeune population et chez les femmes, la haute incertitude politique et économique du pays qui nuisent à l’activité économique et à son dynamisme.

Beaucoup de points sont encore à travailler estime le FMI, d’où le choix des autorités tunisiennes de resserrer leur politique monétaire afin de contenir les pressions inflationnistes, qui ont permis de réduire notablement le déficit budgétaire.

Les mesures fiscales de 2018 et le renforcement de la collecte des taxes ont amélioré les revenus, tandis que les hausses du prix de l’énergie ont permis de contenir la croissance des subventions à l’énergie qui profitent principalement aux mieux nantis. Cela a permis d’accroître les dépenses consacrées aux investissements publics et aux programmes sociaux créateurs d’emplois, qui sont respectivement passées à 5,6% du PIB et 2,7% du PIB en 2018. La couverture du programme national d’assistance aux familles vulnérables a été étendue (de 250 000 à 285 000). familles) et ses niveaux de prestations ont été augmentés.

“La Tunisie connaît une reprise modeste. La croissance passerait de 2,6% en 2018 à 2,7% en 2019, grâce aux bonnes performances de l’agriculture et des services, en particulier dans le tourisme” indique le Fonds Monétaire international.

En outre, affirme le FMI, les autorités améliorent l’accès aux soins médicaux pour les moins nantis et ont enregistré 600 000 ménages dans une base de données qui facilitera le ciblage des politiques sociales.

D’autres efforts devront être faits nuance-t-il cependant, demandant  à accélérer des réformes structurelles, notamment pour améliorer la gouvernance et l’environnement des entreprises. “Ces efforts contribueront à libérer le potentiel du secteur privé et à générer plus d’opportunités et d’emplois pour tous les Tunisiens” déclare Björn Rother.

Les discussions se poursuivront à Washington, dans les prochains jours.

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