TUNISIE
28/03/2018 13h:58 CET | Actualisé 28/03/2018 14h:01 CET

La Tunisie parmi les plus grands consommateurs d'antibiotiques au monde

En l'espace de 15 ans la Tunisie s'est rapidement hissée parmi les plus grands consommateurs d'antibiotiques de la planète avec la Turquie, l’Algérie ou encore la Roumanie.

Michaela Rehle / Reuters

La revue scientifique américaine PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America), vient de publier un rapport intitulé “Augmentation globale et convergence géographique dans la consommation d’antibiotiques entre 2000 et 2015″. 

Ce dernier fait état des récentes recherches menées par huit spécialistes du Center for Disease Dynamics, Economics & Policy de Washington DC, de l’Université de Princeton (États-Unis), de l’Institut de biologie intégrative de Zurich (Suisse) ou encore de l’Université d’Anvers (Belgique). 

Le rapport qui s’appuie sur l’étude de 76 pays, sur un intervalle de 16 ans révèle un inquiétant constat: “La résistance antibiotique, conduite par la consommation d’antibiotiques constitue une menace sanitaire mondiale grandissante”. 

Ces recherches ont notamment révélé une importante hausse mondiale de la consommation d’antibiotiques, estimée à 65% entre 2000 et 2015 et conduite par un augmentation de la consommation dans les pays à revenu faible et intermédiaire. 

En 2000, les pays à revenu élevé, avec en tête la France, la Nouvelle Zélande, l’Espagne, Hong Kong, et les États-Unis, enregistraient le plus fort taux de consommation d’antibiotiques au monde. Alors qu’en 2015, quatre des six pays à la consommation la plus élevée étaient des pays à revenu faible et intermédiaire: la Turquie, la Tunisie, l’Algérie, et la Roumanie. 

 

Ainsi, la Tunisie arrive en deuxième place des plus grand consommateurs d’antibiotiques au monde derrière la Turquie montre le rapport avec un taux de consommation de près de 50 doses quotidiennes déterminées pour 1.000 habitants.

Le rapport montre ainsi que le taux de consommation d’antibiotiques dans les pays à revenu faible et intermédiaire se rapproche aujourd’hui (et même dépasse pour certains pays) celui généralement observé dans les pays à revenu élevé. 

L’étude fait toutefois remarquer que les inégalités face à l’accès aux soins médicamenteux restent vives, avec des pays à revenu faible et intermédiaire qui restent accablés par un grand nombre de maladies infectieuses mortelles et un faible taux de consommation antibiotique.

Le document a dans cette idée mis en évidence “la nécessité d’une surveillance à l’échelle mondiale de la consommation d’antibiotique”. Il s’agit ainsi de soutenir les politiques de réduction de consommation et de résistance antibiotique tout “en permettant un accès à ces médicaments qui peuvent sauver des vies”. 

L’ancienne ministre de la Santé avait déjà tiré la sonnette d’alarme

L’ancienne ministre de la Santé, Samira Meraï avait déjà mis en garde en août 2017 contre la consommation excessive de médicaments par les Tunisiens expliquant ce phénomène par l’automédication.

“Le manque de médicaments est dû à la grande consommation” avait-elle révélé en précisant que 38% des dépenses de santé en Tunisie sont allouées aux médicaments.

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