TUNISIE
25/06/2019 18h:30 CET | Actualisé 25/06/2019 18h:33 CET

La Tunisie est le deuxième pays le plus déprimé de la région MENA, selon cette enquête

Le constat est effarant...

FETHI BELAID via Getty Images

Le constat est effarant: La Tunisie est le deuxième pays le plus déprimé du monde arabe. C’est ce qu’a dévoilé une enquête récemment menée auprès de 25 000 personnes issues de 11 pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), soit le plus grand sondage d’opinion jamais réalisé dans la région, d’après The Guardian

Réalisée par BBC News Arabic and Arab Barometer, un réseau de recherche basé à l’Université de Princeton, cette étude a fait savoir qu’en moyenne, une personne sur trois de la région MENA a déclaré se sentir déprimée. 
La plus importante proportion a été observée en Irak (43%), suivi de la Tunisie (40%) et de la Palestine (37%). 

Les femmes et les répondants précarisés semblaient être les plus touchés par ce phénomène.

Guardian graphic | Source: BBC News Arabic

Selon cette enquête, la région MENA veut faire bouger les lignes et casser les codes. Interrogée sur sa perception de la religion, des droits des femmes, des LGBT... la jeunesse arabe se targue d’aller à contre-courant d’une société conservatrice, repliée sur elle même. 

La religion perd du terrain!

Cette étude a levé le voile sur une société se déclarant de moins en moins religieuse. “Depuis 2013, le nombre de personnes se considérant comme ‘non religieuses’ dans la région arabe est passé de 8% à 13%. L’augmentation est plus forte chez les moins de 30 ans, parmi lesquels 18% s’identifient comme non religieux” souligne l’enquête.

La confiance envers les chefs religieux a également diminué partout sauf au Yémen . L’Iraq, la Palestine et le Soudan ont enregistré les baisses de confiance les plus fortes.

Guardian graphic | Source: BBC News Arabic

Concernant la confiance dans les mouvements “islamistes”, tels que le Hamas, le Hezbollah et les Frères musulmans, elle est encore inférieure à celle des chefs religieux.

S’agissant du mouvement Ennahdha, l’étude démontre que ce dernier est en train de perdre de son éclat au fil des années. Sa notoriété a diminué de 24% en Tunisie depuis 2011, souligne la source. 

Trump, Poutine ou Erdogan?

Le président américain Donald Trump ne semble pas  séduire la population arabe. Seuls 12% des pays étudiés - parmi lesquels l’Algérie, l’Égypte, l’Iraq, la Jordanie, le Liban, la Libye, le Maroc , la Palestine, le Soudan, la Tunisie et le Yémen - avaient une opinion positive de Trump. 

Alors que plus de deux fois plus nombreux (28%) se sont montrés positifs envers le Russe Vladimir Poutine. Quant au Turc Recep Erdogan, ce dernier s’accapare, à lui seul, la part du lion avec 51% d’admirateurs. 

Cafouillage au gouvernement? 

“Plus important encore, dans la grande majorité des pays étudiés, les gouvernements ne répondent pas aux attentes de leurs citoyens”, a déclaré Michael Robbins, directeur de Arab Barometer.

“Souvent, la confiance dans le gouvernement suit plus étroitement les performances en matière de sécurité que sur les questions économiques,” note-il.

 Qu’en est-il des droits des Femmes? 

 D’après cette enquête, la société arabe semble profondément ancrée dans le patriarcat. En apparence, les droits des femmes sont une priorité pour la majorité des pays arabes mais en réalité c’est toujours l’homme qui a le dernier mot.

La majorité des personnes interrogées ont déclaré que les femmes devraient être autorisées à assumer les fonctions de chef du gouvernement dans un pays musulman dans 91% des cas, mais la même marge affirmait que les hommes sont de meilleurs dirigeants politiques.

Selon cette étude, l’idée de voir une femme diriger le pays était plus acceptable au Liban, au Maroc et en Tunisie, alors qu’elle est la moins appréciée en Algérie et au Soudan.

“Les femmes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord sont de plus en plus éduquées et participent de plus en plus au marché du travail, mais leur autonomisation restera incomplète tant qu’elles seront toujours exclues des postes de décision et de la participation politique,” estime Dima Dabbous, directrice régionale d’Egality Now pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

 La majorité des jeunes envisage de quitter le pays

Plus de la moitié (52%) des 18-29 ans interrogés en Algérie, en Égypte, en Jordanie , au Liban, au Maroc, en Palestine et en Tunisie ont formulé le souhait d’émigrer, soit une augmentation de 10% par rapport à 2016.

Les adultes marocains âgés de moins de 30 ans manifestaient le plus grand désir de quitter leur pays d’origine, 70% d’eux envisageant d’émigrer. Mais près de la moitié de la population interrogée en Jordanie et au Soudan et un tiers en Irak ont ​​manifesté leur souhait de partir. 

L’Europe était le premier choix des Nord-Africains, tandis que les Égyptiens, les Soudanais et les Yéménites privilégiaient le Golfe. L’enquête a révélé que l’Amérique du Nord était la première destination des Jordaniens et des Libanais.

Les chiffres ont également révélé que les migrants potentiels seraient prêts à partir sans papiers officiels: plus de 40% des Algériens, Soudanais et Tunisiens et 38% des Irakiens, Marocains et Yéménites ont déclaré qu’ils partaient sans documents officiels.

Guardian graphic | Source: BBC News Arabic

L’Algérie la plus tolérante envers les LGBT

6% seulement des personnes interrogées au Liban ont déclaré qu’il était acceptable d’être gay, contre 7% en Irak, en Jordanie et en Tunisie. 

D’après le sondage, c’est l’Algérie qui a fait preuve de la plus grande tolérance: 26% des personnes interrogées n’ayant exprimé aucune objection à l’homosexualité.

 

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