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04/06/2018 16h:38 CET | Actualisé 04/06/2018 16h:38 CET

La Tunisie au bord de la crise de nerfs!

Vivre actuellement en Tunisie s’apparente pour beaucoup, à un acte militant! Mais l’existence n’est elle pas faite de vicissitudes?

NurPhoto via Getty Images

L’agitation microcosmique, ces tractations douteuses auxquelles on se livre dans les hautes sphères du pouvoir et ce crêpage de chignons publique me font rappeler une réclame ingénieuse, d’il y a quelques années sur une chaine hexagonale vantant les qualités d’un modèle de voiture et qui se termine par le slogan: “Elle est petite mais, elle a tout d’une grande!”

Quelque peu perplexes mais continuant encore à me faire confiance, vous devez intimement vous demander: “mais, quel est le rapport?” Voyons! la publicité, pardieu!

Cette formation de parti de recyclage, rapetissée et ratatinée après les municipales, je dirai, elle a tout de la grande ... maison, même si, à bien des égards, les travailleuses dans ce genre d’établissement sont plus respectables et ont plus d’honneur que la plupart des politicards et des grands commis de l’État, de la place, volatiles de basse cour et petits combinards de bas étage, sans envergure, largement responsables de cette atmosphère délétère, plongeant le pays dans une profonde léthargie ...

Non! Vous vous doutez bien que je ne vais pas vous bassiner avec les turpitudes de ces masses de gélatine et que je n’ai pas l’intention de leur consacrer plus de lignes!

Puis, des politiques de cet acabit, faut-il vraiment en penser quelque chose?

J’ai plutôt envie de parler d’une attitude, de plus en plus manifeste chez nous, Tunisiens, qui m’agace et qui est le dédain et l’humiliation infligée sous toutes ses formes, autre que celle dont le théâtre est l’enceinte d’une classe ou une cour d’école. On ne porte pas aux nues et on n’honore pas nos patriotes, nos héros, nos penseurs, nos grands, de leur vivant mais on se rattrape toujours quand, ils décèdent par l’organisation de funérailles grandioses se terminant par des oraisons funèbres tonnantes, à vous siphonner toutes les larmes du corps! Les exemples sont innombrables ...

On est enclin à nous rabaisser les uns les autres. On se méfie et on occulte les réussites individuelles de nos concitoyens surtout à l’étranger par contre, on se délecte du plaisir de s’autoflageller. On s’égosille des déboires de ceux qui échouent, qui tombent mais on est souvent avare en actions pour les aider à remettre le pied à l’étrier ...

On a aussi tendance à travers des émissions télévisées sur des chaines privées et ce n’est pas une excuse, insipides mais largement suivies, à se délecter dans une attitude de voyeurisme psychotique, du déballage des malheurs des gens en situation de détresse et de leurs souffrances, ou encore à véhiculer une image peu glorieuse de nos concitoyens, celle de traitres, de versatiles, de perfides, de vendus avides d’argent ... L’extrapolation qui s’en suit et les déductions hardies livrent à l’observateur, des marqueurs, certes biaisés mais fétides, de la personnalité du Tunisien.

Un chef du gouvernement malmené de partout, dans une piteuse posture, subissant les avanies de sa propre famille politique d’adoption et lui infligeant les pires humiliations mais lui, obtempère, encaisse allègrement et se laisse passivement conduire, s’accroche, à croire qu’il se voit comme l’homme providentiel, le sauveur du pays ... Continuer à vouloir péter dans la soie, a un prix!

Un ministre, parvenu on ne sait comment à la tête de son département, noie des universitaires en grève administrative depuis cinq mois, dans un tranquille dédain. Il se dérobe de ses responsabilités face aux étudiants en déroute et leurs professeurs. Il sautille d’un plateau télé à une émission radio, s’adonnant à peaufiner son discours humiliant à l’endroit des universitaires, les montrant sous un faux-jour et les menaçant des pires sanctions. Visiblement, c’est tout ce qu’il sait faire et je ne lui en veux pas, on n’a que ses moyens!

Stigmatiser, harceler, chercher à humilier, fustiger les non jeûneurs, mais pourquoi donc? On n’est pas des messies investis d’une mission divine! Qui nous a mandaté pour les pourchasser? Que fait-on de la liberté de croyance? Mais, comment font les musulmans vivant dans les pays occidentaux entourés de méchants mécréants? Ils ne souffrent pas le martyre! Puis, un peu de zénitude! La proximité d’un non jeûneur n’a rien de provocateur bien au contraire, cela devrait normalement permettre de consolider la foi et par conséquent, de capitaliser davantage de bons points ... Sérieusement, je pense que ce sont les musulmans eux mêmes qui assiègent, autant farouchement qu’idiotement, l’islam pour en livrer une image renfermée et figée! Pour eux, le monde se divise en deux, les musulmans et les autres, et il appert clairement qu’il n’y a pas de place pour l’autre dans le monde musulman!

Vivre actuellement en Tunisie s’apparente pour beaucoup, à un acte militant! Mais l’existence n’est elle pas faite de vicissitudes? Alors on continue et on persiste à espérer, en pensant aux actions courageuses et combattantes de certains, à ces petites lumières scintillantes, à ces artisans, à ces entrepreneurs, à ces vieux planteurs d’oliviers et à ... nos mères et nos femmes qui, en authentiques chimistes dans leurs cuisines, s’attellent patiemment chaque soir, à préparer des petits plats, à fixer des arômes, pour nous émerveiller par des recettes ancestrales du terroir et parfois, nous surprendre par des créations plus originales, agréables à la vue et sur le palais. Mes hommages appuyés mesdames, vous êtes les dignes gardiennes d’un riche patrimoine immatériel!

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