MAROC
12/04/2019 09h:34 CET | Actualisé 12/04/2019 09h:54 CET

La sonde israélienne Beresheet s'écrase en se posant sur la Lune

Le robot "low cost" israélien aurait dû incarner une conquête spatiale alternative.

ESPACE - Après les États-Unis, la Russie et la Chine, Israël aurait pu être la quatrième nation à se poser sur le sol lunaire... Mais non. La sonde Beresheet s’est écrasée sur la Lune ce jeudi 11 avril

 Le centre de contrôle a en effet annoncé que la sonde n’avait pas réussi à se poser et d’après les premiers éléments, l’appareil serait arrivé trop vite sur le satellite. 

“Pour récapituler: Beresheet s’est apparemment écrasée sur la Lune. La télémétrie a montré l’atterrisseur arriver trop vite, à une altitude trop basse, peu de temps avant que les contrôleurs de mission signalent un problème de moteur et une perte de télémesure.”

 

 La Nasa a salué tout le même la première mise en orbite lunaire privée et la fondation Xprize a annoncé la donation d’un million de dollars à SpaceIL pour que l’équipe puisse continuer son travail et parce que “l’espace c’est dur”. 

 

“Nous n’y sommes pas arrivés”, a déclaré l’homme d’affaires et philanthrope Morris Kahn, qui a largement financé le projet, par vidéo en direct depuis le centre de contrôle de la mission, près de Tel Aviv. “Je pense que c’est vraiment énorme d’être allés jusqu’où nous sommes allés, je pense que nous pouvons être fiers”, a-t-il ajouté.

Durant ce direct on pouvait entendre des membres de l’équipe expliquer que des moteurs censés ralentir la descente de la sonde et permettre un alunissage en douceur étaient tombés en panne et que le contact avait été perdu.

 

Un robot lunaire low-cost

Mis au point par la jeune start-up privée SpaceIL avec le soutien du ministère de la défense israélien, Beresheet embarque dans ses 180 kilos un instrument de mesure du champ magnétique. Mais les éventuelles découvertes scientifiques n’étaient pas le principal enjeu de cette mission: Beresheet, avec un budget de moins de 100 millions de dollars pour son élaboration et son lancement, est un robot “low cost”, comme vous pouvez le découvrir dans la vidéo ci-dessous. 

 

Comparé au huit milliards de dollars investis chaque année par la Chine dans la conquête spatiale, l’investissement fait ainsi figure de goutte d’eau, et c’est là, pour SpaceIL, que se loge l’essentiel de ce pari réussi. Financé par des donateurs israéliens et étrangers, épaulé par l’expertise d’Israel Aerospace Industries, partageant son lanceur SpaceX Falcon 9 avec deux autres engins, le robot se voulait un modèle de conquête spatiale alternative.

Candidat malheureux au concours de Google

L’aventure de Beresheet avait déjà plutôt mal commencé: SpaceIL a dès le départ lié son sort au Lunar Xprize, lancé par Google il y a un peu plus de dix ans. À la clé, une récompense de 20 millions de dollars pour l’équipe qui arriverait à faire atterrir un robot sur la Lune. Mais en mars 2018, le géant américain a annoncé qu’aucun des cinq projets finalistes n’était suffisamment prêt pour lancer son robot dans les temps impartis...et annulé le défi.

Une décision qui n’avait pas démotivé l’équipe responsable du projet, qui a décidé de continuer seule le projet. Le lancement, le 21 février, de la sonde lunaire avait alors signé l’aboutissement d’un pari, celui de concevoir un robot lunaire low cost. 

Cet article a initialement été publié sur Le HuffPost France.