03/10/2018 13h:33 CET | Actualisé 03/10/2018 13h:33 CET

La Samir: Le front de sauvegarde s'inquiète de "la réticence de certains responsables"

"Le gouvernement est le premier créancier de la Samir"

Youssef Boudlal / Reuters

RAFFINERIE - Déçus, mais pas désespérés. Après la lettre que les membres du “Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole” ont adressée, le 21 septembre dernier, aux différents départements ministériels, responsables d’institutions concernées et députés, seuls quelques uns ont réagi.

Le front national avait frappé à la porte de la Primature, du ministère de l’Intérieur, de celui l’Economie et des Finances, mais aussi à celle d’Al Wassit, le médiateur du royaume, de la présidence du ministère public, de la cour des comptes et de Bank Al Maghrib. 

“A l’heure actuelle, nous n’avons pas de réponse officielle ni de la Primature, ni de représentants gouvernementaux. Nous avons aussi constaté une certaine réticence auprès de hauts responsables, notamment à la cour des comptes et à Bank Al Maghrib”, déclare au HuffPost Maroc le coordinateur de ce front national, Houssine El Yamani. Expliquant cette “réticence par l’hésitation à s’impliquer dans le plaidoyer pour la sauvegarde de la Samir”, le coordinateur du front affirme, cependant, qu’il n’est pas question de baisser les bras. “Nous restons optimistes à l’idée de passer notre message et de le faire comprendre”, insiste-t-il.

Le plaidoyer vient à peine de commencer, pour le front national. Dans un communiqué, publié aujourd’hui, il se réjouit de la tenue, au cours des deux derniers jours, de trois réunions avec des responsables politiques. Ainsi, le secrétaire général du PPS, Nabil Benabdallah, a reçu l’équipe du front le 1er octobre au siège social du parti. Le lendemain, à la Chambre des conseillers, l’équipe du front national s’est entretenue avec deux personnalités: Nabil Chikhi, président du groupe parlementaire du PJD, et Abdelilah Hifdi, président du groupe parlementaire de la CGEM.

Le front a réussi à convaincre ses interlocuteurs qui lui ont annoncé, précise le communiqué, “leur prédisposition à participer à toutes initiatives et actions de plaidoyer susceptibles de contribuer à sauvegarder la raffinerie marocaine de pétrole”. Ils se sont, également, engagés ”à protéger les acquis du Maroc et des Marocains liés à cette industrie et à réduire l’ampleur des dommages causés par la fin de ce symbole national”.

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Une nouvelle réunion est prévue samedi avec la secrétaire générale du PSU, Nabila Mounib, au siège du parti. “Et nous en aurons une autre, mardi prochain, avec le parti CNI (Congrès national Ittihadi). Nous comptons sur le soutien de plusieurs partis pour faire pression sur le gouvernement à qui revient la prise de décision”, confie le coordinateur du front national prêt à aller jusqu’au bout pour concrétiser son “initiative citoyenne”.

“Nous avons prévu de tenir une conférence de presse pour présenter l’issue de nos réunions et revenir sur les responsabilités de chacun dans le dossier de la Samir”, promet Houssine El Yamani. Rappelant le verdict de la cour de cassation, prononcé le 19 septembre, actant définitivement la liquidation de la raffinerie, El Yamani souligne que “la phase juridique du dossier a pris fin. Le gouvernement ne peut plus jeter la balle à la justice du moment que celle-ci a accompli sa mission”.

Le front appelle ainsi le gouvernement à “assumer sa part de responsabilité en lançant le processus de cession et de reprise de la société”. “Il a tout à y gagner! Il est impliqué dans le dossier de A à Z et étant le premier créancier, il doit absolument trouver des solutions”, estime le coordinateur du front.

“Affaire nationale”, c’est ainsi que qualifie le front national la sauvegarde de la raffinerie estimant que sa reprise permettrait de baisser les prix des hydrocarbures “monopolisés aujourd’hui pas les distributeurs”.