20/02/2019 17h:53 CET | Actualisé 20/02/2019 17h:53 CET

Pour les militants de la Samir, l'avis du Conseil de la concurrence sur les carburants est "une victoire"

“Nous réaffirmons notre conviction que l’intérêt national exige la reprise immédiate de la Samir".

Huffpost MG

LA SAMIR - “Nous soutenons l’avis et les recommandations du Conseil de la concurrence (CC) que nous considérons comme une victoire”. C’est ainsi que le Front national pour la sauvegarde de la Samir a réagi à l’avis du CC, présenté vendredi dernier, sur le plafonnement des prix du carburant. Dans ce dernier, le CC critique la fermeture de l’unique raffineur du Maroc, la Samir, précisant qu’il jouait un rôle fondamental dans l’approvisionnement du marché national en assurant une capacité de stockage de plus de 50% et en répondant à plus de 60% de ses besoins. Il en fait l’origine des déséquilibres que connaît à présent le marché national.

Les membres du front se sont félicités de ce constat affirmant qu’il est “en parfaite conformité avec leurs objectifs et leurs buts essentiels”. Dans un communiqué publié, ce mercredi, à l’issue d’une réunion que ses membres ont tenue lundi 18 février, le front déclare “attendre plus d’audace et de courage” de la part du CC pour “dévoiler les anomalies et les faiblesses de la régulation du secteur des hydrocarbures et de l’énergie pétrolière et présenter suffisamment de propositions de réforme pour sauvegarder les intérêts du pays et protéger les droits des personnes”.

Et pour cause, le front a fait de la relance de la production de la raffinerie son cheval de bataille depuis sa naissance en juillet dernier. “Nous réaffirmons notre conviction que l’intérêt national exige la reprise immédiate de la production au sein de la raffinerie marocaine de pétrole de Mohammedia”, insiste-t-il dans son communiqué, indiquant avoir soumis ses propositions en septembre dernier à toutes les autorités et instances concernées par ce dossier.

En attendant que ces propositions suscitent des réactions, le front n’a pas de doute que cette reprise pourrait “garantir les besoins nationaux en hydrocarbures et produits dérivés pétroliers” et “protéger tant les consommateurs que l’économie nationale des arrangements douteux et des pratiques contraires aux règles de la concurrence loyale”. Et de regretter, dans son communiqué, que certains “aient profité de la libéralisation des prix pour porter atteinte aux droits des consommateurs”.

Le front n’est pas, non plus, pour le plafonnement des prix des hydrocarbures.  “Nous refusons la légitimation des profits immoraux comme nous nous opposons à un accroissement illégitime des bénéfices des distributeurs qui seraient acté à travers un plafonnement faisant à l’heure actuelle l’objet d’une négociation”, souligne-t-il. Et d’estimer qu’en ce moment, il y a “absence des conditions préalables à une saine concurrence”.

Pour le front, la Samir doit faire l’objet, à l’heure actuelle, d’un débat national. C’est ce qu’il propose de faire le 12 mars à Mohammedia en organisant une conférence sur “la relation entre les prix des hydrocarbures et le raffinage pétrolier au Maroc”. Le front souhaite ainsi apporter sa contribution au débat national ouvert “sur les conditions susceptibles d’assurer les besoins du Maroc en énergie pétrolière.

Par ailleurs, le front campe sur sa position quant à la nécessité de faire toute la lumière sur les responsabilités derrière la faillite de la Samir. “Nous exigeons que le principe constitutionnel de reddition des comptes soit appliqué sans plus tarder à tous les décideurs politiques, administratifs, financiers ou bancaires impliqués directement ou par négligence ou incompétence dans cette retentissante faillite”, clame le front.