19/11/2015 06h:14 CET | Actualisé 19/11/2015 06h:46 CET

La Samir en crise: Mohamed Hassan Bensalah démissionne et dénonce la dérive d'un géant de l'économie marocaine

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Mohamed Hassan Bensalah, PDG du groupe Holmarcom

CRISE - Nouveau rebondissement dans l’épineux dossier du raffineur Samir (Société anonyme marocaine de l'industrie du raffinage). Alors que Mohammed Al Amoudi, patron de Corral Petroleum Holdings qui détient les deux tiers de la Samir, n’a pas injecté comme il l’avait promis 6,7 milliards de dirhams dans les caisses de la raffinerie, voilà que Mohamed Hassan Bensalah, PDG du géant marocain Holmarcom, présente sa démission du conseil d’administration de la Samir.

La dérive d'un géant

"Face à la paralysie qui prévaut depuis le 5 août dernier (date à laquelle la raffinerie a stoppé toute activité, ndlr) dans l’affaire de la société la SAMIR, je suis particulièrement affligé d‘assister à la dérive d’un géant de l’économie marocaine ", souligne dans un communiqué le patron d’Holmarcom, qui ajoute avoir "démissionné de ses fonctions de Membre du Conseil d’administration de la SAMIR"; démission qu'il a présentée "séance tenante, lors de la réunion du 17 novembre".

Cette décision est d'autant plus difficile que Mohamed Hassan Bensalah dit avoir "toujours oeuvré pour la préservation de ce fleuron national dans lequel le Groupe Holmarcom a beaucoup investi".

"Désaccord avec l’attitude de l’actionnaire majoritaire"

A travers cet acte, le PDG d’Holmarcom tient à exprimer son "désaccord avec l’attitude de l’actionnaire majoritaire qui a manqué aux engagements publiquement annoncés pour la recapitalisation de la raffinerie, et notamment lors de l'assemblée générale extraordinaire du 16 octobre 2015".

Le milliardaire saoudien Mohammed Al Amoudi s’était en effet engagé à injecter dans les caisses de la raffinerie 6,7 milliards de dirhams avant le 15 novembre. Mais il n’a non seulement pas effectué le versement promis, mais en plus vient de déposer une demande d’arbitrage auprès du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), organe dépendant de la Banque mondiale.

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Pour le retour d'une "forme de gouvernance assainie"

Dans son communiqué, le frère de Miriem Bensalah Chaqroun (présidente de la CGEM) "déplore par ailleurs la démarche de l'actionnaire majoritaire et du top management nommé par ses soins, qui ont réduit le rôle du conseil d'administration à celui d'un organe d'enregistrement des décisions prises par eux". Et dit "espérer de tout cœur que la SAMIR, qui a depuis des décennies fait la fierté du royaume, pourra retrouver une forme de gouvernance assainie qui seule permettra à ce fleuron de reconquérir la place qui est la sienne dans ce secteur stratégique".

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Le conglomérat marocain Holmarcom, présent dans l’agro-industrie, la finance, le transport aérien ou encore l’assurance, est actionnaire de la Samir à hauteur de 5,8%.

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