ALGÉRIE
14/10/2019 12h:03 CET

La saison Nobel prend fin avec le prix d'économie

JONATHAN NACKSTRAND via Getty Images
A computer screen displays the co-winners of the 2019 Sveriges Riksbank Prize in Economic Sciences in Memory of Alfred Nobel (L-R) Abhijit Banerjee, Esther Duflo and Michael Kremer during a press conference at the Royal Swedish Academy of Sciences in Stockholm, Sweden, on October 14, 2019. - Indian-born Abhijit Banerjee of the US, French-American Esther Duflo and Michael Kremer of the US won the Nobel Economics Prize for their "experimental approach to alleviating global poverty", the Royal Swedish Academy of Sciences said. (Photo by Jonathan NACKSTRAND / AFP) (Photo by JONATHAN NACKSTRAND/AFP via Getty Images)

Les Nobel 2019 n’ont récompensé qu’une seule femme - la Polonaise Olga Tokarczuk en littérature pour l’édition 2018 reportée d’un an - avant l’annonce du dernier prix de la saison lundi, celui d’économie, qui, à une exception près, n’a distingué que des hommes en un demi-siècle d’existence.

Dernier né des Nobel, le prix d’économie, officiellement “prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel”, créé en 1968 pour célébrer les 300 ans de la Banque de Suède, sera dévoilé à 09h45 GMT à Stockholm.  

L’économie est peut-être le Nobel où le profil du lauréat est le plus facile à deviner: un homme âgé de plus de 55 ans, blanc, de nationalité américaine. Ces 20 dernières années, les trois quarts d’entre eux correspondaient à cette description. 

 

Pas plus que des autres comités Nobel ne filtre le choix de l’Académie suédoise royale des sciences qui le décerne avant son annonce publique et c’est dans la presse ou les couloirs d’université qu’il faut chercher les noms de lauréats possibles pour cette cinquantième édition. 

L’Américano-israélien Joshua Angrist, professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT) aux Etats-Unis, spécialiste de l’économie de l’éducation et du travail, tient cette année la corde pour remporter le prix, selon les analystes. 

L’Israélien Elhanan Helpman, professeur à Harvard, et l’Américain Gene Grossman, professeur à Princeton, comptent également parmi les favoris, selon Hubert Fromlet, économiste de l’université Linné en Suède, interrogé par l’agence de presse TT. Tous deux ont travaillé dans le domaine de la croissance et du commerce. 

Jagdish Bhagwati, professeur à l’université Columbia de New York et auteur de recherches sur la théorie des échanges qui font référence, est aussi cité. 

Né en Inde en 1934, il a joué “un rôle capital, quoique subtil, pour empêcher le protectionnisme d’acquérir ses lettres de noblesse”, selon l’un de ses anciens élèves, Paul Krugman, primé en 2008, résumant ainsi la part belle faite par le Nobel d’économie aux théoriciens de l’économie de marché et du libre-échange. 

Deuxième femme décorée 

Micael Dahlén, professeur d’économie interrogé par l’AFP, avance un trio de femmes: les Américaines Anne Krueger, pour ses recherches sur le commerce international, et Carmen Reinhart, qui travaille sur les dettes publiques et la croissance, ainsi que la Française Esther Duflo, spécialisée dans l’économie du développement.

Selon lui, au moins l’une d’elles pourrait devenir la seconde femme à obtenir le Nobel d’économie, après l’Américaine Elinor Ostrom en 2009. 

Même s’il est la récompense la plus prestigieuse pour un chercheur en économie, le prix n’a pas acquis le même statut que les disciplines choisies par Alfred Nobel (médecine, physique, chimie, paix et littérature).

Discipline controversée, éminemment politique pour certains, l’économie se distingue des sciences de la nature à l’honneur la semaine précédente. 

Le prix était allé en 2018 aux Américains William Nordhaus et Paul Romer, ancien économiste en chef de la Banque mondiale, qui ont décrit les vertus et nuisances de l’activité économique sur le climat. 

Dernier prix de la saison

L’économie viendra clore une saison Nobel marquée par l’attribution du prix de littérature à la Polonaise Olga Tokarczuk pour l’édition 2018, reportée d’un an après un scandale d’agression sexuelle, et pour 2019 à l’Autrichien Peter Handke, écrivain de renommée mondiale dont les positions pro-serbes pendant la guerre en ex-Yougoslavie ont suscité de violentes polémiques. 

Vendredi, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, artisan d’une réconciliation spectaculaire avec l’ex-frère ennemi érythréen et père de réformes susceptibles de transformer en profondeur un pays longtemps livré à l’autoritarisme, s’est vu décerner le prix Nobel de la paix. 

Chaque Nobel consiste en une médaille d’or, un diplôme et un chèque de neuf millions de couronnes suédoises (environ 830.000 euros).  

 

Le prix a perdu l’équivalent de 100.000 euros depuis deux ans, à cause d’une dépréciation de la couronne face à l’euro.