ALGÉRIE
02/12/2015 10h:27 CET | Actualisé 02/12/2015 10h:27 CET

La Russie pointe du doigt Erdogan et sa famille dans la contrebande de pétrole de l'EI

AFP
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, lors d'une réunion à Paris, le 1er décembre 2015

La Russie a accusé mercredi directement le président Recep Tayyip Erdogan et sa famille de profiter de la contrebande de pétrole à laquelle se livre l'organisation État islamique (EI) en Syrie.

Ces nouvelles accusations interviennent en dépit d'un premier signe de détente dans les relations entre les deux anciens partenaires privilégiés après que le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a accepté de rencontrer son homologue turc Mevlüt Cavusoglu dans les prochains jours à Belgrade.

Le principal consommateur de ce pétrole volé à la Syrie et l'Irak s'avère être la Turquie, a accusé devant plus de 300 journalistes le vice-ministre russe de la Défense, Anatoli Antonov.

La classe dirigeante politique, dont le président Erdogan et sa famille, est impliquée dans ce commerce illégal, a poursuivi le responsable russe.

Le fils du président turc s'avère être le dirigeant d'une des principales compagnies énergétiques et son beau-fils a été nommé ministre de l'Energie? Quelle merveilleuse entreprise familiale!, a-t-il commenté en référence au gendre de M. Erdogan, Berat Albayrak, 37 ans, et à son fils, Bilal Erdogan, qui possède le groupe BMZ, spécialisé dans les travaux publics et le transport maritime.

Vladimir Poutine avait déjà accusé Ankara lundi à Paris de protéger les combattants de l'EI et de couvrir ce trafic qui représente l'une des principales sources de financement du groupe jihadiste.

M. Poutine avait même estimé que la décision turque d'abattre un bombardier russe avait été dictée par la volonté de protéger ces chemins d'acheminement de pétrole vers le territoire turc.

Il avait assuré que l'or noir de l'EI était acheminé massivement, de manière industrielle, vers la Turquie, générant des millions et des milliards de dollars de profit. Ces accusations ont été balayées par M. Erdogan, qui a mis au défi Moscou de prouver ses allégations.

Cette guerre des mots a néanmoins été apaisée par un maigre espoir de détente mercredi lorsque le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a annoncé, lors d'une conférence de presse à Nicosie, une rencontre avec son homologue turc Mevlüt Cavusoglu.

Cette rencontre devrait se tenir en marge du conseil des ministres de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), qui se déroule à Belgrade les 3 et 4 décembre.

Jusqu'à présent, les hauts responsables russes ont refusé tout contact avec leurs homologues turcs.

Les autorités russes exigent sans succès des excuses officielles d'Ankara.

La Russie a décrété en représailles une série de sanctions économiques passant notamment par un embargo sur des produits alimentaires venant de Turquie, des restrictions dans le secteur touristique et le rétablissement des visas pour les Turcs.

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