MAROC
17/06/2019 11h:21 CET | Actualisé 19/06/2019 20h:30 CET

La "rock star" du monde arabo-musulman Sami Yusuf a envoûté le public à Bab Al Makina

Et célébré la culture soufie dont il est adepte.

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CULTURE - Sur l’esplanade de Bab Al Makina, samedi soir, la foule se densifie, les sièges se remplissent et les derniers arrivés abandonnent tout espoir de trouver une place libre. Les téléphones portables sont braqués vers la scène pour capturer l’arrivée de celui qui ne tardera pas à provoquer l’hystérie dans le public, la star du monde arabo-musulman, Sami Yusuf.

Pour sa deuxième venue au Festival de Fès des musiques sacrées du monde, le chanteur britannique d’origine azérie a promis aux fans un beau moment, “autour de l’amour et du sacré”. Belle gueule, voix envoûtante, foule en délire qui l’acclame: Sami Yusuf a tout d’une rock star. Sauf qu’il cultive une simplicité et une discrétion voulue, et que son répertoire musical n’est que louanges à Dieu et chants sur l’amour, la miséricorde et l’islam. Inspiré par le courant du soufisme, il écrit ses chansons comme des vers de transmission initiatique pour toucher l’âme et effleurer le divin.

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Durant près de deux heures, Sami Yusuf a repris ce soir-là quelques grands classiques de son répertoire, tels que “Sally Ya Rab”, “Ya Rasulallah” ou encore “Salahu Ala Taha”, des nasheed (chants religieux, ndlr) sur des productions modernes et les a réadaptés pour l’occasion. Revendiquant l’usage des patrimoines traditionnels et des arts authentiques, il s’est produit sur la scène principale de cette 25ème édition du festival, assis au centre de la scène et accompagné de quelques musiciens soufis du Levant, d’Iraq et d’Iran mais aussi d’une troupe de Fès afin de célébrer le dialogue inter-culturel, la musique persane, le sama andalou ou le qawwalli indo-pakistanais. 

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“Je suis honoré de chanter à nouveau ici, dans ce lieu magnifique et devant vous”, a-t-il lancé au public, avant de présenter tour à tour chacun des musiciens qui l’accompagnent. Dans le public, les têtes bougent au rythme des paroles sacrées et les voix résonnent, dans une transe presque contagieuse. 

Né en 1980 à Téhéran, d’une famille musicale, Sami Yusuf a très vite montré un vif intérêt pour la musique et commence à apprendre à jouer de plusieurs instruments avant de s’intéresser aussi au chant. A 18 ans, il obtient une bourse qui lui permet d’étudier la composition à la Royal Academy of Music de Londres, une des plus prestigieuses institutions musicales au monde.

Cette formation académique de haut niveau, jointe à une très bonne connaissance de la théorie musicale et des modes du Moyen-Orient (l’Art des Makams), ont fait de lui un musicien renommé aux quatre coins du globe, surnommé “la plus grande célébrité anglaise de l’Orient” par The Guardian ou encore l’“Islam’s Biggest Rockstar” par le Time Magazine