TUNISIE
16/08/2018 20h:00 CET | Actualisé 16/08/2018 20h:01 CET

La rencontre de Paris, l'alliance Ennahdha-Nidaa, l'égalité dans l'héritage: Rached Ghannouchi fait le bilan

La rencontre de Paris, cinq ans après..

Zoubeir Souissi / Reuters

“Rencontre de Paris: les leçons, les défis et les horizons”. C’est avec ces mots que le président d’Ennahdha Rached Ghannouchi a titré son récit, publié ce jeudi 16 août 2018 sur la page Facebook officielle du parti.

Un long texte qui retrace les cinq dernières années de l’histoire de la Tunisie basculant entre des moments de turbulences et d’apaisement.

Dans son post, Rached Ghanouchi a fait le bilan depuis la fameuse “rencontre de Paris”, qui l’avait discrètement réuni avec Béji Caïd Essebsi, jusqu’à nos jours.

Il s’est attardé sur le rôle joué par Ennahdha pour sortir le pays du gouffre à l’époque et a évoqué ses sacrifices et ses attitudes à prévaloir toujours l’intérêt suprême de la patrie. Il est revenu sur les coulisses du compromis entre Ennahdha et Nidaa et dévoilé des complots qui se tissaient pour plonger le pays dans le chaos.

“Malgré nos divergences radicales avec Béji Caïd Essebsi (...) je n’ai pas hésité à répondre à son invitation et à accepter le dialogue (...) si aller à Guatemala serait utile pour la Tunisie, j’aurai accepté (...) l’important c’est le contenu et non pas la forme” a-t-il expliqué.   

Rached Ghannouchi a souligné, par ailleurs, que l’alliance entre Ennahdha et Nidaa n’était pas un choix tactique ou une manoeuvre circonstancielle. “Ennahdha est sorti du pouvoir mais non de la politique” a-t-il confié en précisant que cette décision de se retirer du pouvoir était pour sauver le cours de la révolution.

S’agissant de l’égalité successorale, le dirigeant d’Ennahdha a fait savoir que son parti ne dévoilera sa position relative à ce sujet délicat qu’après la soumission officielle du projet de loi au parlement. Or, selon des sources proches du parti, la position sera tranchée après la réunion du conseil de la Choura, à savoir les 25 et 26 août prochains.

En ce qui concerne Youssef Chahed, Rached Ghannouchi a estimé que le maintien de la stabilité gouvernementale est en phase avec le principe du consensus avec le président de la République et l’intérêt général du pays. “Ce n’était pas possible de changer le gouvernement alors qu’on était en plein déroulement des élections municipales et avant que les conseils municipaux ne prennent leurs postes. Ce n’était pas possible non plus, alors qu’on était en pleine négociation avec les institutions internationales qui nous accordent des prêts. Ce n’était pas possible de changer le gouvernement alors qu’on était en pleine saison touristique sur fond de menaces terroristes, et à quelque temps des délais du dépôt du projet de la loi de Finances“ argue-t-il en ajoutant que le contexte actuel ne permet pas de relayer le pouvoir à un gouvernement de gestion des affaires courantes.  

D’autre part, Rached Ghannouchi a estimé que la démocratie naissante a ses propres exigences. Il a noté que la Tunisie ne peut être gouvernée avec la logique de “majorité, minorité”. À ses yeux, les résultats du scrutin doivent être en concordance avec le maintien du consensus sur un système gouvernemental stable. “L’ascension au pourvoir, par les urnes, est un droit constitutionnel inaltérable” a-t-il rappelé. 

Pour conclure, le leader d’Ennahdha a précisé qu’après le franc succès de la transition politique, il est important de se focaliser actuellement sur la situation économique du pays et d’instaurer la culture du travail et de la productivité, comme moyen de développement et de croissance. 

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