TUNISIE
11/12/2018 15h:50 CET

La réglementation sur l'importation se durcit davantage

La Tunisie importe des chips depuis l’Egypte, du chocolat d’Ukraine, des jus de l’Algérie et de Slovénie, et bien d’autres produits de diverses provenances

Fascinadora via Getty Images

Après qu’une liste de produits de consommation non-essentiels ou jugés non prioritaires par la Banque Centrale de Tunisie (BCT) eut été dressée en 2017 afin de lutter contre l’importation anarchique de produits superflus, voilà que ceux-ci font l’objet de nouvelles restrictions par le ministère du Commerce.

Afin de lutter contre le déficit commercial et réduire un peu le rythme effréné des importations dont la valeur a dépassé celle des exportations, le ministère du Commerce a décidé d’imposer un cahier des charges à ce type d’importations, selon un article du quotidien La Presse, confirmé au HuffPost Tunisie par le ministère du Commerce.

Les produits en question

Les produits qui seraient concernés par cette mesure sont les biscuits, les confiseries, certains fruits secs, certains jus, chocolat, chips, fromages, fruits, préparations alimentaires (sauces), bananes, savons, shampoings, jouets, chaussures, produits cosmétiques, électroménager, et téléphones portables.

À l’heure actuelle, la Tunisie importe des chips depuis l’Égypte, du chocolat d’Ukraine, des jus de l’Algérie et de Slovénie, et bien d’autres produits de diverses provenances, en plus de l’inondation du marché par les produits turcs qui ont vu leurs frais d’importation augmenter, dans l’espoir d’équilibrer la balance commerciale déficitaire avec la Turquie, et atténuer ainsi le déficit commercial.

Un déficit commercial de plus en plus inquiétant

Mais cette mesure entreprise par le ministère du Commerce n’a selon le journal aucun aspect protectionniste. En effet, la politique du ministère demeure libérale, ne touchant qu’aux produits de consommation finale, et excluant les produits pouvant servir de matière première ou de produits semi-finis.

En novembre 2017, la Tunisie avait mis fin à l’importation des graines de tournesol blanches (ou glibettes) venues de Turquie. Une mesure qui a été prise à la suite des difficultés que connait le secteur des graines de tournesol dans le nord-ouest du pays notamment à Béja.

À la même période, le déficit commercial s’était aggravé, pour se situer à 14362,4 millions de dinars (MD) contre 11628,0 MD, durant la même période en 2016, et augmenter par la suite durant le premier semestre de 2018, pour se situer à 8,16 milliards de dinars.

L’importation met également en danger les réserves en devises, qui ne peuvent être maintenues à un niveau acceptable qu’à travers l’encouragement de l’exportation, tout en réduisant considérablement les importations, Selon l’expert financier et économique, Hatem Zaâra.

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