18/07/2018 13h:10 CET | Actualisé 01/08/2018 11h:37 CET

La RAM de nouveau aux prises avec les revendications de ses pilotes

La compagnie aérienne regrette une grève qui s'annonce "dévastatrice".

Andia via Getty Images

AÉRIEN - C’est un bras de fer pour l’instant sans issue. Le ton est donné dans un courrier adressé aux commandants de bords et pilotes de la Royal Air Maroc (RAM), et relayé par nos confrères de l’Économiste, dans lequel Abdelhamid Addou, PDG de la RAM, déplore “l’absence de volonté d’aboutir à un compromis” et “dénonce une “surenchère des revendications”. Dans son courrier, le PDG de la RAM alerte avant tout sur le danger de “la grève qui s’annonce  à compter du mercredi 18 juillet 2018”, et qui “sera dévastratice”, faisant référence aux résultats de l’Assemblée générale de l’Association marocaine des pilotes de lignes (AMPL). 

De grève, il n’en est pourtant pas question assure à notre rédaction une source proche de l’AMPL, qui indique qu’un démenti de l’association sera apporté dans la journée pour répondre aux différents points soulevés dans le courrier. 

L’impasse 

Si la grève n’est pour l’instant pas avérée, le bras de fer est pourtant bien réel entre la compagnie aérienne nationale et ses pilotes, et les termes choisis par Abdelhamid Addou ont de quoi alarmer. “Ce refus dogmatique d’un engagement vers une pérennisation des relations sociales, révèle l’intention de se maintenir dans une position belliqueuse jugée confortable, mais au demeurant court-termiste et inutile, dès lors qu’il n’y aura plus rien à défendre après la destruction”, écrit-il. Ce dernier dit constater par ailleurs “qu’il n’y a pas la volonté de voir la compagnie se développer, ou que cette volonté cède à des considérations égocentrées”. 

“Nous avons mobilisé des moyens, dont nous ne disposons pas aujourd’hui, pour pouvoir répondre aux attentes des pilotes de ligne. Nous avons entrepris la mise en place de process pour améliorer le quotidien. Nous avons initié l’acquisition de systèmes d’information avant-gardistes pour améliorer les conditions de travail et nous avons encore une fois buté sur l’absence d’accompagnement”, regrette encore le PDG de la RAM.  Ce dernier conclut toutefois sa missive en indiquant qu’il reste ouvert au dialogue dans cette crise qu’il espère “passagère”.

En février dernier, les pilotes avaient engagé une demande de revalorisation de salaire, à laquelle la RAM avait assuré avoir donné un accord de principe. La demande était intervenue alors que la compagnie nationale entreprend un important plan de développement, puisqu’elle compte doubler sa flotte d’ici 2020, pour passer de 60 à 120 appareils. Si plusieurs vols avaient été annulés ou retardés le 6 février dernier, notamment en provenance de Casablanca et en direction de plusieurs capitales africaines, suite au mouvement initié par les pilotes de ligne, aucune perturbation particulière n’a pour l’instant été relevée à l’heure où nous publions ces lignes et suite à l’Assemblée générale de l’AMPL tenue le 16 juillet dernier.