MAROC
22/05/2019 14h:12 CET | Actualisé 22/05/2019 16h:52 CET

La présidente du CNDH a reçu des parents de détenus du Hirak

Le père de Nasser Zefzafi a présidé la délégation des familles.

www.cndh.ma

DROITS DE L’HOMME - Chose promise chose due. La présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouâyach, avait annoncé le 12 avril dernier qu’elle entamerait une série de rencontres avec les familles des détenus d’El Hoceïma et de Jerada. Cette semaine, elle est passée à l’action en se réunissant avec des membres de l’association “Tafra pour la solidarité et la fidélité” qui rassemble les familles des détenus d’El Hoceïma. Bouâyach a reçu, lundi 20 mai à l’Institut national de formation aux droits de l’Homme Driss Benzekri, une délégation de proches et parents de ces détenus présidée par le père de Nasser Zefzafi, Ahmed Zefzafi. 

Cette réunion, faisant suite également à la demande de ces familles, s’est surtout focalisée sur “l’examen de l’état dans lequel se trouvent les détenus et les conditions de vie de leurs familles”, indique l’association Tafra dans un communiqué publié hier. Elle y précise que l’échange a été “marqué par la clarté et une entente mutuelle” et qu’il a permis aux participants de “se mettre d’accord sur des points importants concernant les revendications des détenus et de leurs familles”. Et de conclure que d’autres rencontres seront programmées pour “approfondir” l’examen des questions soulevées. 

De son côté, le CNDH souligne sur son site web que la rencontre s’est surtout intéressée à l’état de santé des détenus et aux conditions dans lesquelles se trouvent leurs familles. Et d’ajouter que “des précisions ont été données sur nombre de cas” et que les deux parties ont convenu de poursuivre leurs échanges. D’autres familles seront reçues dans les prochains jours, annonce le CNDH, soulignant que la société civile sera impliquée dans ces réunions.

Pour cette instance constitutionnelle, cette initiative s’inscrit dans le cadre de sa volonté d’instaurer un mécanisme national de protection de la torture, d’écoute et d’interaction avec les familles des détenus d’El Hoceïma et de Jerada. 

Le CNDH avait réussi, après sa visite rendue aux détenus du Hirak le 11 avril dernier, à les convaincre de suspendre leur grève de la faim. Une décision intervenue suite à l’engagement de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) à déployer des efforts supplémentaires pour améliorer leurs conditions de détention et veiller au bon déroulement des visites familiales aux détenus, avait alors indiqué le CNDH.

Bien avant cette réunion des familles avec le CNDH, Ahmed Zefzafi avait publié sur sa page Facebook, le 9 mai, que son fils l’a appelé au téléphone et lui a demandé de transmettre ce message: “Notre liberté et notre innocence dépendent du sérieux que le CNDH mettra dans la publication du rapport sur la torture dans sa totalité, les dysfonctionnements du procès et les violations commises bien avant au niveau des droits de l’Homme, de la loi et des politiques”.