TUNISIE
06/09/2018 10h:54 CET

La position d'Ennahdha sur l'égalité dans l'héritage est "une trahison pour les Tunisiennes" selon Human Rights Watch

Pour elle, “le refus d’Ennahda d’abolir l’un des derniers vestiges de l’inégalité de genre dans le pays affaiblit le leadership de la Tunisie dans le monde arabe”.

Anadolu Agency via Getty Images

L’ONG internationale Human Rights Watch a taclé, jeudi, le parti Ennahdha sur sa position concernant “le rejet officiel (...) d’une initiative présidentielle visant à instaurer la pleine égalité entre hommes et femmes dans le domaine de l’héritage”.

Selon Amna Guellali, directrice du bureau de Tunis de Human Rights Watch, “L’annonce d’Ennahda est une trahison pour les Tunisiennes et une occasion manquée de prouver l’adhésion du parti islamiste aux droits des femmes″.

Pour elle, “le refus d’Ennahda d’abolir l’un des derniers vestiges de l’inégalité de genre dans le pays affaiblit le leadership de la Tunisie dans le monde arabe”.

 

Le président de la République Béji Caid Essebsi avait affirmé le 13 août, en marge la journée de la femme tunisienne, qu’une proposition de loi modifiant les dispositions du code du statut personnel relatives à l’héritage serait présentée dans les plus brefs délais par la présidence de la République à l’Assemblée des représentants du peuple.

Cette proposition reprend celle présentée par la Commission des Libertés Individuelles et de l’Égalité (COLIBE) dans son rapport remis à Béji Caid Essebsi le 08 juin dernier. Celui-ci contenait également de nombreuses autres propositions comme le bannissement des tests anaux, l’annulation de la circulaire portant sur la fermeture des cafés pendant le mois de ramadan, l’abolition de la peine de mort, ou encore la redéfinition des concepts vagues de l’ordre public et de la morale à l’aune de l’article 49 de la Constitution. 

Human Rights Watch estime, qu’après la publication de ce rapport, Ennahdha a fait “des déclarations ambigües” semblant soutenir dans un premier temps “un dialogue social” avant que le conseil de la Choura ne rejette les propositions de la Colibe par le biais de son président qui avait affirmé qu’Ennahdha “s’opposerait à toute loi allant à l’encontre du Coran et de la Constitution″.

“Il est temps que les progressistes d’Ennahda prennent la parole pour contrer ces tendances régressives qui vont à l’encontre des droits des femmes” a affirmé Amna Guellali avant d’ajouter: “Ceux qui croient qu’ils ne peuvent se conformer à la charia qu’en discriminant les femmes de leurs familles peuvent choisir de le faire, mais Ennahda ne devrait pas imposer de règles d’héritage discriminatoires à l’ensemble des Tunisiennes”.

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