TUNISIE
18/07/2019 10h:58 CET | Actualisé 18/07/2019 10h:58 CET

"La politique monétaire tunisienne commence à donner ses fruits" assure Marouane Abassi

“L’économie informelle représente entre 10 et 15% du PIB” a-t-il cependant déploré.

Anadolu Agency via Getty Images

“La politique monétaire tunisienne commence à donner ses fruits”, a affirmé mercredi le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), Marouane Abassi, lors d’une conférence de presse, co-tenue à Gammarth, avec le chef de la mission du Fonds monétaire international (FMI) Bjorn Rother.

Il a fait état, lors de cette conférence organisée au terme d’une mission du Fonds en Tunisie (du 11 au 17 juillet 2019), de la stabilisation du taux de change de dinar, de la maîtrise du déficit budgétaire et de l’inflation, ainsi que de l’amélioration du niveau des réserves du pays en devises.

Cette amélioration est due, selon lui, à la hausse des recettes touristiques (+de 20% en devises à fin juin), à l’augmentation des transferts des Tunisiens à l’étranger, et à la maitrise du déficit commercial. Le gouverneur de la BCT s’est félicité des résultats réalisés jusque-là, dans le cadre de la politique monétaire, et de l’amélioration des indicateurs économiques, notamment, en ce qui concerne la maîtrise du déficit budgétaire, ce qui a favorisé, selon ses propos “une sortie réussie de la Tunisie sur le marché international”.

Concernant le financement du budget de l’Etat, au terme de l’exercice courant, Abassi a révélé que le gouvernement “n’aura pas probablement, besoin de nouveaux crédits, à l’exception de ceux programmés déjà dans la loi de finances” et qui seront contractés auprès des principaux bailleurs de fonds du pays (BAD, BERD...).

“L’économie informelle représente entre 10 et 15% du PIB”

Le gouverneur a annoncé que la BCT n’a pas l’attention d’augmenter son taux directeur, au cours de cette période, affirmant en outre, que la Tunisie tient à mettre en place une politique efficiente de decashing et de “paiement mobile”, afin de faire face à l’économie informelle, qui selon lui, “représente entre 10 et 15% du PIB”.

Les négociations entre la Tunisie et le Fonds Monétaire International (FMI) dans le cadre de la sixième revue de l’accord au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC) seront lancées en septembre 2019, a-t-il encore indiqué.

De son côté, le chef de la mission du Fonds Monétaire International (FMI) en Tunisie, Bjorn Rother, s’est dit satisfait des avancées accomplies par la Tunisie notamment, en matière des équilibres macro-économiques.

Il a, toutefois, mis en garde contre les risques qui guettent son économie, dont le rythme de croissance ralentit appelant le secteur privé à jouer son rôle pleinement, pour soutenir la relance économique du pays.

Pour Rother, la Tunisie est également confrontée au problème de la hausse de cours du pétrole à l’international et à l’appréciation du dinar, dont les répercussions peuvent être négatives sur le volume de l’exportation nationale.

Sur un autre registre, il a réitéré l’intérêt porté par le Fonds au renforcement du filet de protection sociale pour les ménages les plus défavorisés en Tunisie.

Le 12 juin dernier, le conseil d’administration du FMI avait approuvé, le décaissement, en faveur de la Tunisie, de 245 millions de dollars (environ 730 millions de dinars), ce qui porte le total des décaissements à 1,6 milliard de dollars (4,7 milliards de dinars), et ce, dans le cadre de l’achèvement de la cinquième revue du programme économique de la Tunisie appuyé par un accord au titre du mécanisme élargi du crédit (MEDC).

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