ALGÉRIE
12/04/2019 18h:34 CET

La police justifie la répression des manifestations pacifiques en accusant "la main de l'étranger"

- via Getty Images

La police, qui interdit arbitrairement et illégalement les manifestations pacifiques à Alger, a publié vendredi 12 avril un long communiqué où elle affirme avoir déjoué un attentat “terroriste” sans donner de détails.

La police, qui a réprimé les manifestations des étudiants mardi dernier et d’autres manifestations mercredi, a affirmé avoir arrêté un “groupe de terroristes” qui “planifiaient de commettre des exactions contres les citoyens, profitant de la densité humaine générée par la mobilisation”.

La DGSN n’a donné aucun détail sur le groupe en question. Ni la date de leur arrestation, ni le lieu, se contentant d’affirmer qu’ils détenaient des armes.

La police a également utilisé vendredi 12 avril des grenades lacrymogènes contre des manifestants pacifiques à Alger centre. Certains de ces tirs ont été dirigés vers le tunnel des facultés et la place Maurice Audin où de nombreux manifestants été venus accompagnés d’enfants, de femmes ou de personnes âgées. 

Vers 18 heures la police a violemment dispersé les rassemblements à la place Audin et dans le tunnel des facultés, utilisant des dizaines de grenades lacrymogènes pour vider le tunnel. 

Pour justifier ces agissements, le communiqué de la DGSN a longtemps parlé de la circulation des véhicules perturbée par les manifestations, avant d’évoquer “la main de l’étranger”. 

“Des étrangers venus spécialement pour attiser les tensions et pousser les jeunes à recourir à des formes d’expression radicales, en vue d’exploiter leurs images via les médias et sur les réseaux sociaux, ont été identifiés et interpellés, et leurs dessein dévoilés”, affirme la police sans donner de détails concrets. 

Ces mêmes étrangers avaient, selon la police algérienne, des ”équipements sensibles” ainsi que... “des substances psychotropes”.