TUNISIE
01/04/2019 10h:27 CET | Actualisé 01/04/2019 11h:29 CET

La peine de mort, un sujet absent du Sommet arabe. Les abolitionnistes réagissent

Les violations des droits humains, dont le plus élémentaire est le droit à la vie, persistent.

fhogue via Getty Images

Alors que les Chefs d’Etats arabes se sont réunis à Tunis, le 31 mars, pour le Sommet de la Ligue arabe, le réseau français “Ensemble contre la peine de mort” (ECPM) et la Coalition tunisienne contre la peine de mort (ATFD, LTDH, IADH, AFTURD, l’organisation tunisienne contre la torture, le réseau Destourna, la Ligue des Écrivains Tunisiens Libres et le Centre de Tunis pour la liberté de la presse) ont publié un communiqué afin d’interpeller les dirigeants arabes, concernant leur attachement à la peine de mort dans la législation et dans la pratique.

L’ECPM et la Coalition tunisienne contre la peine de mort (CTCPM) rappellent que les exécutions continuent dans le monde arabe. Elles n’englobent pas que les meurtres mais s’appliquent envers des crimes moins graves (affaire de stupéfiants, de corruption ou de mœurs). Elle sert aussi à réprimer les opposants politiques et les minorités et à terroriser la population.

Bien que la situation diffère d’un pays à un autre ; entre ceux qui observent un moratoire contre la peine de mort (Tunisie, Algérie, Liban, etc) et ceux qui pratiquent toujours la peine capitale (Arabie Saoudite, Irak, Egypte, etc), les violations des droits humains, dont le plus élémentaire est le droit à la vie, persistent.

En l’absence d’un moratoire officiel, certains pays ont renouvelé la pratique de la peine de mort. La Jordanie par exemple a observé un moratoire depuis 2015, puis a recommencé les exécutions en 2017 avec la mise à mort de 14 personnes. Idem concernant le Bahreïn, avec 15 exécutions en 2017 après un moratoire en 2010.

L’ECOM et la CTCPM dénoncent particulièrement la situation en Arabie Saoudite, en Egypte et en Irak. Le royaume wahhabite a ainsi exécuté plus de 120 personnes en 2018, dont des femmes, et en ayant recours à des méthodes moyenâgeuses comme la lapidation. 

En Egypte, les mises à mort ne cessent d’augmenter depuis 2013, dont les plus récentes sont les exécutions de 19 personnes au mois de février 2019 alors 50 autres sont dans les couloirs de la mort. Enfin, en Irak, 125 personnes ont été exécutées récemment avec le recours à des mises à mort collectives.

Les organisations de lutte contre la peine de mort fustigent également l’absence de procès équitables et transparents garantissant les droits de défense et le recours à la torture en cours de l’enquête ou dans les prisons.

L’ECPM et la CTCPM appellent les Etats arabes à suspendre l’application de la peine de mort, à cesser toutes les pratiques violant la dignité et les droits humains, à garantir des procès équitables et à s’acheminer vers l’abolition de la peine de mort.

Ces organisations se félicitent enfin de l’adhésion récente de la Palestine au Deuxième protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort  et l’abolition de la peine capitale dans le seul Etat membre de la Ligue arabe, en l’occurrence, la Djibouti.

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