MAROC
19/03/2019 17h:52 CET | Actualisé 19/03/2019 18h:10 CET

La Nouvelle-Zélande criminalise la diffusion de la vidéo de l'attaque terroriste de Christchurch

Facebook est à nouveau vivement critiqué.

DAVID MOIR via Getty Images

CHRISTCHURCH - 14 ans de prison. C’est ce que risque toute personne qui, en Nouvelle-Zélande, partagerait la vidéo de l’attentat de la mosquée de Christchurch. Attaque qui a fait 50 morts et plus de 30 blessés.

Le bureau néo-zélandais de classification des films et livres a en effet considéré la vidéo comme étant “répréhensible” en raison de “sa description et promotion de la violence extrême et terrorisme” . 

“La vidéo contient des images extrêmement explicites, ce qui pourrait causer des torts considérables à ceux qui la visionnent, en particulier les victimes et leurs familles”, affirme par le biais d’un communiqué David Shanks, président du conseil de classification des films.

29 minutes d’inaction

Une annonce qui intervient alors que la polémique enfle en Nouvelle-Zélande mais aussi à l’étranger, autour du rôle joué par le réseau social de Mark Zuckerberg dans la diffusion de la vidéo, en direct.

Facebook a annoncé dimanche avoir retiré 1,5 millions vidéos de l’attaque en 24 heures, rapporte le New Zealand Herald, citant Mia Garlick, porte parole du réseau social dans ce pays.

Selon le Washington Post, Facebook affirme qu’aucune personne ayant visionné la vidéo de l’attaque en direct ne l’a signalée. 4000 personnes ont ainsi regardé cette vidéo avant que le réseau ne soit informé de son existence, 12 minutes après la fin du direct, explique le journal américain.

En tout, il a fallu 29 minutes avant que Facebook, finalement alerté par la police néo-zélandaise, n’en prenne connaissance.

Lors d’une conférence de presse dimanche, la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Arden a affirmé que Facebook et d’autres réseaux sociaux devraient encore répondre ”à plusieurs questions” suite à la diffusion de la vidéo, rapporte la presse néo-zélandaise. Le Premier ministre australien a lui qualifié le réseau social de complice, rappelle l’émission Quotidien: 

Ce n’est pas le première fois que le réseau de Mark Zuckerberg est épinglé après la diffusion de vidéos terroristes. Il y a quelques mois, suite au meurtre de deux étudiantes scandinaves à Imlil, le réseau a mis plusieurs jours à retirer de sa plateforme une vidéo montrant la décapitation d’une des victimes. La sanction finira par tomber au Danemark quelques mois plus tard pour les internautes ayant partagé la vidéo, puisque début mars, la police annonçait des mesures prise à leur encontre. 

“L’incapacité de Facebook de supprimer le contenu extrémiste démontré à nouveau ce soir: plus de 2 heures après qu’elle a été signalée, une vidéo explicite de la décapitation de deux touristes européennes au Maroc est encore disponible sur cette plateforme”

 

Facebook n’est cependant pas le seul réseau social visé par les critiques. Selon CNN, trois des plus grands opérateurs téléphoniques de Nouvelle-Zélande ont demandé aux fondateurs de Facebook, Twitter et Google de prendre part à “une discussion urgente” sur la manière de “proscrire tout contenu nocif de leurs plateformes.”