ALGÉRIE
06/05/2019 16h:10 CET

La nouvelle aérogare d'Alger visée par une enquête de l'Inspection générale des finances

NurPhoto via Getty Images

Dix jours après son entrée en service, la nouvelle aérogare d’Alger fait l’objet d’une enquête de l’inspection générale des Finances (IGF) du ministère des Finances, a-t-on appris auprès d’une source interne à la Société de gestion des services et infrastructures aéroportuaires (SGSIA).

Quatre éléments de l’inspection générale des Finances (IGF) se sont rendus hier, dimanche 05 mai 2019 à la Direction des finances de la SGSIA.

Mardi dernier, le P-DG de la SGSIA, Tahar Allache, avait convoqué ses cadres afin de leur annoncer que la DGSN a enclenché une enquête sur la nouvelle aérogare de l’aéroport Houari-Boumediene d’Alger.

L’inspection générale des finances est un organe “habilité à contrôler et vérifier la gestion financière et comptable des organismes publics, quels que soient leur statut juridique, et parfois même, sous certaines conditions, des organismes privés, se positionne dans le collectif susceptible de prêter son concours aux magistrats désirant être éclairés sur les aspects techniques de faits soumis à leur appréciation”.

L’IGF peut être partie prenante dans une enquête judiciaire soit sur réquisition directe des services de sécurité, en application de l’article 49 du code de procédure pénale (CPP) traitant des enquêtes en cas de flagrance, soit sur réquisition de l’autorité judiciaire pour aider techniquement les premiers lors d’une information, ou pour communiquer des rapports établis à l’occasion de missions sachant que lesdits rapports peuvent constituer des éléments de preuves conformément aux stipulations de l’article 214 du code précité.

“Ils remettront à la fin de leur enquête un rapport détaillé à l’inspecteur général et au procureur général d’Alger”, affirme-t-on encore.

La nouvelle aérogare fait l’objet depuis 2018 d’une enquête de la part du bureau gouvernemental britannique, Serious Fraud Office (SFO) pour soupçons de corruption.

Le groupe Ultra Electronics, qui avait obtenu un marché pour l’installation d’une solution informatique de gestion aéroportuaire, a accusé le P-DG de la Société de Gestion des Services et Infrastructures Aéroportuaires d’Alger (SGSIA), Tahar Allache, de corruption. 

S’étendant sur une superficie de 200.000 m2, la nouvelle aérogare de l’aéroport international d’Alger, opérationnelle depuis le 29 avril dernier, est dotée de 120 banques d’enregistrement, 12 tapis bagages, 54 ascenseurs, 37 escaliers mécaniques, 9 tapis roulants et 21 passerelles.

La structure comprend aussi 20 postes de contact pour avions, 2 postes stations pour avion gros-porteurs A380 et 16 groupes électrogènes, qui se déclenchent automatiquement en cas de coupure électrique, ainsi que des dizaines de locaux commerciaux et de services, un grand carrousel sophistiqué de tri de bagages, outre un parking de 4.200 places.

Cette nouvelle aérogare, d’une capacité de 10 millions de voyageurs par an, devait être inaugurée en juillet 2018. Cette échéance a maintes fois été reportée en raison de retard des travaux de finitions. Le ministère des Transports annonçait fin 2018 le report de l’inauguration à mars 2019.

Son inauguration par l’ex-président Abdelaziz Bouteflika, prévue le 24 février 2019, avait été reportée sine die.