ALGÉRIE
27/06/2019 12h:00 CET | Actualisé 27/06/2019 12h:46 CET

La nouvelle aérogare d'Alger attend toujours sa tour de contrôle et une piste d'atterrissage

NurPhoto via Getty Images

La nouvelle aérogare de l’aéroport international Houari-Boumediene d’Alger n’est toujours pas fonctionnelle à 100%. La tour de contrôle et la piste d’atterrissage Est sont toujours à l’arrêt, a-t-on appris auprès de source interne.

La circulation aérienne en provenance et à destination de la nouvelle aérogare est toujours controlée par la tour de “l’ancien” aéroport. Presque deux mois après la mise en service de la nouvelle aérogare, le basculement vers la nouvelle tour de contrôle n’est toujours pas prêt à se faire.

Le P-DG de la SGSIA, Tahar Allache a sollicité le groupe Algérie Télécom. “Ils ont vite refusé. Les services d’AT ont accepté de mobiliser des techniciens supérieurs pour assurer un accompagnement mais ont refusé de se charger du basculement car ce n’est pas de leur domaine d’expertise”.

Devant le refus du groupe AT, le P-DG de la SGSIA a sollicité un personnel du département des télécoms de la même société mais cette fois-ci, c’est l’Etablissement National de la Navigation Aérienne (ENNA) qui a mis son veto lors d’une réunion suspendue à peine quelques minutes après avoir commencé, nous fait-on encore savoir. “Le directeur de l’ENNA a catégoriquement refusé l’offre de ces techniciens: effectuer le basculement entre les deux tours de contrôle en 60 minutes alors que la tour ne doit jamais cesser de fonctionner”.

Ce n’est pas le seul souci auquel doit faire face la SGSIA. Les travaux d’élargissement de la piste d’atterrissage EST de la nouvelle aérogare, confiés à l’ETRHB, sont toujours à l’arrêt. “La réalisation et l’entretien des pistes ont toujours été à la charge de l’EVSM (Entreprise de viabilisation de Sidi Moussa), qui bénéficie de l’expertise. Mais l’ERTHB a obtenu le marché de gré à gré”. L’ETRHB ne bénéficiant pas de l’expertise nécessaire dans un tel ouvrage, celui-ci est à l’arrêt”.

De ce fait, les avions gros-porteurs, à l’instar d’un Airbus A380 ne peuvent ni décoller ni atterrir dans cette piste. “Les moteurs extérieurs dépassent la piste praticable et ceci constitue un danger pour l’appareil et les passagers à son bord”, explique-t-on encore.

Depuis la mise en service de la nouvelle aérogare, l’exploitation est sujette à critiques. Des voyageurs ont dénoncé “une anarchie”. Des lacunes de sécurité ont également été relevées après le décès d’une dame le vendredi 24 mai 2019 d’un arrêt cardio-respiratoire, sans pouvoir bénéficier de premiers soins dans les délais. Ce nouveau terminal n’est doté d’aucun défibrillateur et les services de la Protection civile n’ont toujours pas pris possession de leurs locaux.

La mise en service de la nouvelle aérogare avait déjà été retardée en raison d’une défaillance du système de détection d’incendie

S’étendant sur une superficie de 200.000 m2, la nouvelle aérogare de l’aéroport international d’Alger, opérationnelle depuis le 29 avril dernier, est dotée de 120 banques d’enregistrement, 12 tapis bagages, 54 ascenseurs, 37 escaliers mécaniques, 9 tapis roulants et 21 passerelles.

La structure comprend aussi 20 postes de contact pour avions, 2 postes stations pour avion gros-porteurs A380 et 16 groupes électrogènes, qui se déclenchent automatiquement en cas de coupure électrique, ainsi que des dizaines de locaux commerciaux et de services, un grand carrousel sophistiqué de tri de bagages, outre un parking de 4.200 places.

Cette nouvelle aérogare, d’une capacité de 10 millions de voyageurs par an, devait être inaugurée en juillet 2018. Cette échéance a maintes fois été reportée en raison de retard des travaux de finitions. Le ministère des Transports annonçait fin 2018 le report de l’inauguration à mars 2019.

Son inauguration par l’ex-président Abdelaziz Bouteflika, prévue le 24 février 2019, avait été reportée sine die.

Pour rappel, le projet de la nouvelle aérogare fait l’objet depuis 2018 d’une enquête de la part du bureau gouvernemental britannique, Serious Fraud Office (SFO) pour soupçons de corruption.

Le groupe Ultra Electronics, qui avait obtenu un marché pour l’installation d’une solution informatique de gestion aéroportuaire, a accusé le P-DG de la Société de Gestion des Services et Infrastructures Aéroportuaires d’Alger (SGSIA), Tahar Allache, de corruption. 

Récemment, le parquet d’Alger a ouvert une enquête à son encontre, rapportait plusieurs médias.