MAROC
19/04/2018 11h:44 CET

La "nounou tueuse" qui a inspiré "Chanson Douce" de Leïla Slimani a été reconnue coupable par la justice

Elle risque la prison à perpétuité.

New York Daily News via Getty Images

INTERNATIONAL - Le fait-divers sordide avait inspiré à l’écrivaine franco-marocaine Leila Slimani la trame de son livre à succès “Chanson Douce”, prix Goncourt 2016. Yoselyn Ortega, la “nounou tueuse”, comme l’ont renommée les médias anglo-saxons, a été reconnue coupable par la justice new-yorkaise du meurtre des deux enfants qu’elle gardait en 2012 et devrait être condamnée à la prison à perpétuité.

Son avocate avait alors plaidé la psychose de sa cliente, atteinte de troubles mentaux qui l’auraient poussée à commettre ces meurtres et empêchée de mesurer son geste. Par ailleurs, la défense avait fait témoigner plusieurs médecins, notamment deux psychiatres pour tenter d’expliquer cet acte commis alors que la coupable était dans “un état dissociatif”. 

Une thèse réfutée par les 12 jurés, qui après deux jours de délibérations, ont reconnu Yoselyn Ortega coupable des quatre chefs d’accusation retenus contre elle, soit deux par enfant. 

Selon des témoins de la famille des victimes, des messages laissés par Ortega à sa soeur et son fils avant les meurtres laissent penser que ce geste était prémédité. Les procureurs ont fait valoir, selon l’AFP, que la nounou nourrissait de profonds ressentiments contre la mère des enfants et le mode de vie aisé de la famille, qui contrastait fortement avec la pauvreté dans laquelle elle vivait. 

Le 25 octobre 2012, la femme alors âgée de 50 ans et originaire de République Dominicaine, tue à coups de couteaux Lucia, 6 ans et Léo, 2 ans dont elle était la nourrice. Selon la procureure en charge du dossier, ce jour-là, la mère des enfant, Marina Krim, avait retrouvé la nounou debout dans la salle de bains, les deux enfants morts, ensanglantés et l’un sur l’autre dans la baignoire. Elle avait alors tenté de mettre fin à ses jours en se poignardant à la gorge. 

Cette affaire avait servi de base à “Chanson Douce”, dans lequel Leila Slimani a souligné la différence de classes entre une famille très aisée et une nounou immigrée aux nombreuses difficultés personnelles et financières. L’auteure avait toutefois affirmé au HuffPost Maroc ne pas s’en être “inspiré pour la construction de ses personnages”. 

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