ALGÉRIE
29/05/2019 12h:11 CET

La mort de Kamel Eddine Fekhar est une "honte pour le pays", selon Amnesty

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Amnesty International a dénoncé la mort de Kamal Eddine Fekhar, médecin et militant pour les droits de l’Homme à Ghardaia, à la suite d’une grève de la faim entamée en protestation contre son arrestation le 31 mars dernier. L’organisation non-gouvernementale a qualifié ce décès de “honte pour le pays”.

Kameleddine Fekhar, médecin et ancien président de la section de Ghardaïa de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) est décédé mardi 28 mai 2019 à l’hôpital Frantz Fanon de Blida, à la suite d’une grève de la faim entamée le jour de son arrestation le 31 mars dernier pour protester contre son incarcération à Ghardaïa en raison de ses publications sur Facebook.

“C’est avec une profonde émotion et une profonde tristesse que nous avons appris aujourd’hui la mort du militan  Kamel Eddine Fakhar après une longue grève de la faim pour protester contre son emprisonnement arbitraire et illégal pour avoir exprimé pacifiquement son point de vue sur les réseaux sociaux”, écrit Amnesty International.

“Kameleddine n’aurait jamais dû être arrêté. Sa mort en détention exige des autorités algériennes qu’elles examinent leur traitement de Fekhar et leur bilan épouvantable en matière de droits humains. Les autorités doivent immédiatement ordonner une enquête effective, indépendante et impartiale sur les circonstances de son décès et traduire en justice toute personne soupçonnée d’avoir une responsabilité pénale dans cette affaire”, rajoute la même source.

Amnesty International a rappelé le décès du manifestant Ramzi Yettou, “mort après avoir été roué de coups par des policiers. Aujourd’hui, nous pleurons le décès de Kameleddine Fekhar, détenu pour rien d’autre que pour avoir exprimé ses opinions”.

L’ONG poursuit par un “assez !” aux autorités algériennes concernant les violations systématiques et répétées ainsi que l’impunité pour les graves atteintes aux droits humains”.

“Les autorités algériennes doivent immédiatement revoir leurs politiques répressives et le traitement honteux réservé aux militants et aux manifestants dans le pays et laisser un espace à la liberté d’expression et au droit de manifester pacifiquement”, lit-on sur le communiqué.

Amnesty International a rappelé le décès, le 11 décembre 2016 du journaliste anglo-algérien Mohamed Tamalt, âgé de 41 ans à l’hôpital universitaire de Mohamed Lamine Dabbaghin à Bab El Oued, à Alger, après une grève de la faim entamé le 27 juin 2016 et qui aura duré cinq mois.