ALGÉRIE
02/06/2019 13h:43 CET

La manifestation des étudiants réprimée à coups de matraque

Aboubeker Khaled

Les forces de la police ont violemment réprimé les quelques centaines d’étudiants qui ont tenté de manifester ce 2 juin à Alger Centre. L’appel au rassemblement a été lancé la vieille dans la soirée, demandant aux étudiants d’avancer la marche à dimanche en raison de la fête de l’Aid.

 

Huffpost Algérie

 

Un peu avant midi les étudiants ont commencé à se rassembler devant l’entrée de la Faculté Centrale. Aussi tôt, les policiers les ont confinés et empêché de rejoindre le boulevard Abdelkarim Khattabi. Les cordons policiers de plus en plus serrés, ont provoqué des malaises parmi les étudiants. Face à cette démonstration de force des citoyens sont intervenus, accusant les policiers d’“agresseur”.

Une heure plus tard les policiers ont commencé à libérer de petits groupes d’étudiants pour les disperser, les sommant de quitter les lieux. Ces derniers, voyant les fourgons de police garés en bas de la rue, ont redouté des arrestations et ont exigé de libérer tous leurs camarades ensemble.

“La dernière fois on était beaucoup plus nombreux et ils nous ont embarqués. On ne bougera pas tant que nos amis ne nous ont pas rejoints” dit une étudiante en s’adressant à un policier.

La tension monte entre les policiers et un autre groupe d’étudiants qui s’est formé près de la bouche de métro. Les policiers répriment violemment les étudiants en donnent des coups de poing dans la foule. Ces derniers ont commencé à scander “Sylmia Sylmia”.

Une étudiante tente de raisonner ses camarades “ils sont beaucoup plus nombreux que nous. On a marqué le coup, on peut partir maintenant” en parlant des policiers. Un moment plus tard, les policiers cèdent le passage aux étudiants qui entament leur marche à la rue Arezki Hamani ex-rue Charas en direction du  premier mai.

Arrivés à la fin de la rue Hassiba Benbouali, un cordon policiers empêchaient les étudiants de rejoindre la Place du Premier Mai. Les policiers n’ont pas hésité à employer la force, en matraquant les étudiants pour les empêcher de continuer leur marche.

Une enseignante déplore qu’aussi peu d’étudiants aient répondu à l’appel au rassemblement. “L’appel a été lancé hier dans la soirée. Beaucoup d’étudiants l’ont raté et d’autres sont rentrés chez eux. Moi-même j’ai prévenu mes étudiants ce matin où les cours étaient annulés et qu’il fallait rejoindre la manifestation” souligne-t-elle.

Beaucoup de citoyens se sont solidarisé avec les étudiants ce matin. Ils n’ont pas manqué d’aller vers les policiers et leur demander de laisser les étudiants tenir leur marche.