TUNISIE
07/01/2019 11h:13 CET | Actualisé 07/01/2019 13h:06 CET

La maire de Tunis Souad Abderrahim revient sur la polémique de l'arabisation des enseignes commerciales

“Nous n’avons aucun problèmes avec les langues étrangères” a-t-elle affirmé.

La présidente du conseil municipal de la ville de Tunis Souad Abderrahim est revenu, lundi, sur la polémique engendrée par la décision de la municipalité de Tunisie, concernant l’arabisation des enseignes commerciales.

“Le sujet n’est pas nouveau. Il y a une circulaire dans ce sens qui date de 1996, qui demandait l’arabisation des enseignes” a-t-elle affirmé, en référence à une circulaire adoptée sous Ben Ali, en réaction aux décisions des autorités française dans le cadre de l’affaire “Couscous Connexion”.

“Un des conseillers municipaux a fait une proposition basée sur la Constitution tunisienne et la loi tunisienne, d’obliger à ce que les enseignes commerciales soient écrites en arabe (...) sur lequel il y a eu unanimité” au sein du conseil municipal a expliqué Souad Abderrahim ajoutant que cette décision n’était ni personnelle, ni partisane.

Lors de cette réunion, la maire de Tunis affirme avoir “rappelé qu’à travers cette proposition, cela ne veut pas dire que la langue arabe doit éliminer les autres langues. J’ai dit qu’il est même nécessaire (...) que les autres langues soient présentes” sur les enseignes.

“Nous n’avons aucun problèmes avec les langues étrangères” ajoute-t-elle expliquant que le Code des Collectivités Locales demande à ce que les conseillers municipaux soient formés à pratiquer des langues étrangères et que des formations dans ce sens vont bientôt avoir lieu.

“Je ne comprends pas pourquoi cette proposition fait polémique: Est-ce que parce qu’elle est issue de la municipalité de Tunis ou est-ce à cause de l’arabisation?” s’interroge-t-elle.

Revenant sur l’absurdité que pourraient donner certaines traductions, elle affirme être consciente qu’il faut y faire très attention, “ce ne sera pas une traduction anarchique, faite n’importe comment”.

Si la décision a été adoptée, il faudra maintenant régler les aspects techniques dans le cadre de commissions techniques au sein de la municipalité.

“Nous ne ferons pas ça en 24 heures. Cela prendra un peu de temps” a-t-elle conclu.

Ahmed Bouazzi, élu à la municipalité de la ville de Tunis avait affirmé, vendredi, que le conseil municipal avait adopté l’obligation d’utiliser la langue arabe à toutes les enseignes et façades des commerces de Tunis.

Pour lui, cette initiative se veut préservatrice de l’ “identité nationale”. Dans une publication sur sa page Facebook, reprenant son discours, il estime que la Tunisie qui a combattu le colonialisme dans toutes ses formes, n’a cependant pas vraiment réussi son indépendance culturelle vis-à-vis de la France.

Cette décision avait fait polémique sur les réseaux sociaux.

 

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.