TUNISIE
24/01/2019 16h:11 CET

La LTDH dénonce des caravanes qataries venues "exterminer" la faune tunisienne

Avec le soutien des autorités, selon la LTDH

Amadeus Dekastle / EyeEm via Getty Images

La Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme( LTDH) a dénoncé dans une lettre adressée aux représentants de l’Etat, la mise en danger de la faune tunisienne par ce qu’elle a qualifié de “caravanes d’extermination qataries”.

Dans sa lettre, adressée au président de la République, au chef du Gouvernement, et au président de l’Assemblée des Représentants du Peuple, la LTDH explique que selon des témoins oculaires, des cortèges de voitures tout-terrains venus du Qatar, accompagnés par un hélicoptère de couleur rouge, sillonnent les régions du désert de Tozeur, à la poursuite d’animaux, notamment des gazelles, lapins, pterocles et Outardes houbaras.

Ceux-ci chasseraient par armes à feu et fauconnerie.

Ces chasseurs venus braconner en Tunisie exterminent selon la LTDH la faune tunisienne menacée d’extinction, en plus de toucher à la souveraineté du pays, lit-on dans la lettre.

Par ailleurs, la LTDH dénonce et s’étonne de “l’accompagnement officiel” de ces caravanes, “entre agents de sécurité et officiels de la direction des forêts”.

Ainsi, la ligue appelle les destinataires de la lettre à intervenir pour arrêter “cette spoliation des richesses naturelles de la Tunisie”, et prendre les mesures nécessaires, afin d’ “assurer un environnement sain et équilibré aux générations futures.”

En février 2018, des touristes libanais venus chasser en Tunisie avaient suscité l’indignation de plusieurs activistes, dont l’Association “Les Amis des Oiseaux” (AAO) - BirdLife en Tunisie..

La chasse, notamment le tourisme de chasse, est en effet régulée en Tunisie. Plusieurs espèces sont chassables: sanglier, chacal, renard, mangouste, mais aussi beaucoup d’espèces d’oiseaux.

Mais ce n’est bien évidemment pas le cas pour les gazelles dont quelques espèces sont menacées de disparition.

En avril dernier, une antilope de type “Oryx d’Arabie” ou “Al Maha” avait été sauvagement tuée dans une réserve à Tataouine, au sud du pays. Des braconniers s’étaient introduits dans la réserve naturelle de ‘Sengar Jabes’ au cœur du Sahara, à 200 Km de Tataouine, où ils avaient égorgé une antilope après l’avoir abattu de coups de feu.

L’espèce, menacée de disparition, à été longtemps victime de braconnage. Le nombre de gazelles de cette espèce à Tataouine s’élève à seulement 38.

La gazelle de Cuvier est également menacée, et a été classée comme Vulnérable par la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN. Pour pallier cette situation, les agences gouvernementales se dédiant à la conservation au Maroc, en Algérie et en Tunisie ont développé, en collaboration avec le Centre de Coopération pour la Méditerranée de l’UICN (UICN-Med) et le Groupe de spécialistes des antilopes de la Commission de sauvegarde des espèces de l’UICN et de nombreux experts régionaux et internationaux, une stratégie et un plan d’action transfrontalier.

Sa stratégie aspire à voir d’ici 2050 des populations viables et connectées de gazelles, occupant des habitats naturels sur une aire proche de l’aire de répartition historique.

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