TUNISIE
10/10/2018 18h:22 CET

La loi sur l'élimination de toute les formes de discrimination raciale "rend justice" aux personnes noires en Tunisie, estime Jamila Ksiksi (INTERVIEW)

Jamila Ksiksi, députée du parti Ennahdha, a parlé au HuffPost Tunisie de la portée de cette loi et de ses attentes la concernant.

Facebook/ Jamila Ksiksi

Tant attendue, la loi portant sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale a été enfin adoptée par l’Assemblée des représentants du peuple, mardi. 

Alors que les faits divers révélant des violences verbales et physiques à caractère raciale sont récurrents en Tunisie, cette loi vise à les endiguer à travers un arsenal juridique, à la fois préventif et répressif.

Jamila Ksiksi, députée du parti Ennahdha, a parlé au HuffPost Tunisie de la portée de cette loi et de ses attentes la concernant. (Interview).

HuffPost Tunisie: Selon vous, quelle est la portée de cette loi? 

Jamila Ksiksi: Cette loi est une fierté pour la Tunisie car elle rend justice aux personnes noires, qu’ils soient Tunisiens ou migrants, qui, durant des années, ont souffert de la discrimination et de la marginalisation. 

En adoptant cette loi, c’est un pas en avant vers la consécration des droits humains relatifs à l’égalité, garantis par la Constitution tunisienne.

Pensez-vous que cette loi soit susceptible de changer les mentalités? 

Le racisme a un soubassement culturel. Beaucoup de personnes racistes vont désormais se rendre compte qu’elles le sont, que leurs actes sont punissables par la loi. En mettant fin à l’impunité des discriminations, nous tendons vers son éradication. 

La loi ne change pas à elle seule les mentalités, mais sans elle, on ne peut rien changer, elle est l’un des principaux outils du changement. 

Quelle sera la prochaine étape dans la lutte contre la discrimination raciale?

Tout le monde est concerné par cette lutte. Pendant longtemps, les personnes noires ont été exclues des hauts rang politiques à cause de leur couleur de peau, il est temps de favoriser la présence de personnes de couleur dans le gouvernement, et autres institutions de l’État.

La société civile doit veiller à l’application de la loi. On aimerait aussi voir d’autres formes de lutte à travers des œuvres artistiques, dans les prêches des imams, ou encore dans les programmes scolaires. 

Les médias jouent un rôle important aussi. On a vu les réactions, globalement positives, concernant le présentateur météo noir à la télévision nationale. Nous souhaitons voir plus d’exemples comme celui-là, dans les séries télé, dans les émissions, etc. Le but est de montrer que les personnes de couleur font partie de ce pays. 

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.